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Le CIRD, un an déjà et ça ne fait que commencer !

Le 24 mars 2018, le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD) a bouclé une première année d’activités et a profité de cette belle occasion pour présenter à un public nombreux d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, sa Direction de la recherche. En présence de M. le Professeur Amadou Bano BARRY, Conseiller du Président de la République sur les questions de l’Education et Mme le Dr Mafory BANGOURA, Directrice générale de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique au ministère en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le professeur Jacques MICHEL, professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Lyon (France), a expliqué les intentions, les objectifs et les perspectives de son département.

Jaques Michel a exprimé la volonté du CIRD d’aider le secteur de la recherche scientifique en Guinée, et a invité les acteurs concernés à venir avec leurs projets et idées de projets. Peu importe la diversité, l’essentiel, selon lui, c’est la complémentarité, le point de convergence. Il veut créer un pôle où des personnes exerçant dans des domaines différents peuvent se rencontrer pour avancer dans leurs réalisations. Pour lui, le CIRD a pour mission de produire mais aussi de former. Soulignant que CIRD peut faciliter pour des étudiants des stages en entreprises, lesquels stages seront sanctionnés par des rapports de stages. Jaques Michel est revenu sur les différentes étapes de la recherche : la collecte, l’analyse, la synthèse des données ; la différence entre la norme et la règle…

Les participants n’ont pas tardé à réagir, montrant que le CIRD cristallise de nombreux espoirs et besoins en lien avec la formation (méthodologie de recherche, anglais…), l’accès à une documentation fournie, mais aussi à l’accompagnement des étudiants qui aspirent à une spécialisation, notamment en sociologie de la santé.

De nombreuses interpellations qui s’apparentent à des défis que le CIRD souhaite relever. Nicolas DEXTREIT, directeur général, dans son mot d’accueil, après avoir cité un échantillon des nombreuses activités réalisées (conférences-débats, ciné-débats, journée internationale de l’environnement, journée internationale des femmes, le Prix littéraire Williams Sassine etc.), a informé que le CIRD explore la voie du numérique pour permettre l’accès plus facile aux documents, travaille à favoriser l’acquisition des compétences pour un meilleur accès au marché de l’emploi dans les entreprises. Le Directeur a aussi remercié les entreprises partenaires, notamment ERAI Export qui  a mis à la disposition du CIRD 10 bourses de recherche pour l’année universitaire 2018-2019.

Le CIRD est heureux de savoir qu’il y a des personnes ressources prêtes à l’accompagner dans sa mission. C’est le cas du professeur Goudoussi Diallo, qui a annoncé sa volonté et sa disponibilité à offrir, sous le couvert du CIRD, des ateliers d’écriture et un cours sur la publication.

Fermeture exceptionnelle

Le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD) informe le public que nous fermons exceptionnellement le vendredi 9 et le samedi 10 février. Pour cause :

-Remise du Prix littéraire Williams Sassine (9 février 2018 à 16h30 au Grand hôtel de l’indépendance, Ex Novotel, sur invitation)

-Rencontre littéraire avec Olivier ROGEZ, auteur de L’ivresse du sergent dida, Ed. Le Passage, 2017 et Véronique TADJO, auteure de En compagnie des hommes Ed. Doc Quichotte, 2017 (10 février 2018 à 10h la Bibliothèque américaine de Sonfonia. Accès libre)

Santé : Le diabète et les défis du diagnostic et de la prise en charge

Le 20 janvier au CIRD, le Professeur Naby Moussa Baldé, chef de service Endocrinologie CHU Donka chair de la Fédération internationale du Diabète, a animé une conférence-débat sur « Le Diabète, diagnostic et prise en charge ». Une occasion de faire la situation sur non seulement le diabète mais aussi les autres maladies non transmissibles comme le cancer, les maladies cardiaques. Dès l’entame, le professeur a indiqué que selon une étude réalisée sur les causes de décès entre 2004 et 2030, la tendance est baissière en ce qui concerne les maladies transmissibles que le VIH/SIDA, la Tuberculose, les Infections respiratoires mais aussi le Paludisme, les accidents de la circulation. Alors que la courbe est ascendante quant aux maladies non transmissibles : diabète, cancer, les malades cardiaques. Celles-ci tuent davantage dans les pays à revenu faible, de l’ordre de 60 % des décès dans ces pays à revenu faible et 30 % dans les pays à revenu élevé. Pour lui, la Guinée et la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne sont confrontés à trois défis : le diagnostic, le traitement, la qualité du traitement.

A sa création en 1996, l’unité de diabétologie de Donka est partie avec 16 sujets pour aboutir à 761 en 2002. Ce qui indique que la maladie est présente dans le pays, aussi bien chez les enfants que chez les personnes âgées. Entre 2009 et 2016, le professeur a indiqué que de 44 enfants, les services de diabétologie ont dans leurs registres 505 enfants. Avec 14,7 ans comme âge moyen, 12,9 ans l’âge au diagnostic, alors que ces enfants sont à 43 % issus des familles pauvres. Il a informé que la Guinée dispose d’un réseau de soins composé d’une dizaine de structures qui font le diagnostic et la prise en charge à Conakry et dans les régions administratives. Le professeur a insisté sur le fait que ces chiffres ne sont pas représentatifs de la réalité. Regrettant le fait que malheureusement, beaucoup d’enfants meurent du diabète sans être enregistrés, le taux de létalité du diabète chez l’enfant étant plus élevé que chez l’adulte si le diagnostic n’est pas vite établi, suivi d’une prise en charge adéquate.

Sur le plan national, le médecin informe que selon une étude intitulée Steps Survey Guinée 2009, ce sont 130 000 Guinées qui sont diabétiques, soit 5 % de la population. 74,94 % parmi eux ignoreraient qu’ils sont porteurs de la maladie, 48,31 % connus ne sont pas traités et 39,83 % traités ne sont pas équilibrés.

Par ailleurs, le conférencier annonce qu’en Guinée, les personnes âgées de 45-64 ans réunissent au moins 3 facteurs de risques : la sédentarité, l’alimentation, le poids. Selon lui, il est aussi évident que le manque d’activités physique, la cigarette, la faible alimentation sont les causes communes des maladies que sont le diabète, le cancer et l’hypertension artérielle (HTA).

Le Professeur Baldé a évoqué le diabète de grossesse, qui fait grimper le taux de mortalité maternelle.

Quant à l’hypertension artérielle, elle a les mêmes causes que le diabète et le cancer. Même qu’elle est plus répandue avec 1,1 millions de sujets, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé.

Ces défis exigent plusieurs réponses, a dit le professeur. Il faut un personnel suffisant et qualifié, des structures qui répondent aux normes, des produits de qualité. Tout cela nécessite l’implication de pouvoirs publics, de la communauté internationale. Egalement, la société civile qui peut influencer les pouvoirs publics et de la communauté internationale, également, conscientiser la population quant à la nécessité d’adopter un bon comportement nutritionnel et alimentaire. Car, insiste, le diabétologue, il y a un lien direct entre le sucre et le diabète. Il y a un lien direct entre les huiles et l’obésité. Il y a un lien direct entre le sel et les maladies cardiaques.

Sonoco rend visite au CIRD

Le 16 décembre 2017, la Direction Générale du CIRD (Centre International de Recherche et de Documentation) a eu l’honneur d’accueillir celle du Groupe SONOCO (Société Nouvelle de Commerce), pour une visite exploratoire dans le cadre d’un futur partenariat entre les deux structures.

Au terme de la visite des installations du Centre, la délégation de SONOCO composée de MM. Abdoul Karim Diallo, Directeur Général Adjoint, Ibrahima N’Daïry Diallo, Directeur Stratégie et Systèmes d’Information et Dian Barry, Directeur de l’Audit Interne et du Contrôle de Gestion, a eu d’amples informations sur le CIRD, ses objectifs, ses domaines d’intervention, ainsi que certaines activités réalisées depuis son inauguration le 25 mars 2017.

Madame Diallo Safiatou, la Fondatrice et Directrice Générale du CIRD a insisté sur le besoin du CIRD à nouer des partenariats avec des structures comme SONOCO afin de lui permettre d’atteindre ses objectifs, rappelant que le CIRD est une structure privée d’intérêt public dont l’ambition est de booster le secteur de la recherche en Guinée.

Quant à lui, Monsieur Abdoul Karim Diallo a félicité la Direction du CIRD pour la pertinence du projet et les activités réalisées, puis, exprimé sa volonté de concrétiser un partenariat durable entre le CIRD et le Groupe SONOCO.

SONOCO est un conglomérat d’entreprises guinéennes spécialisé dans les services de proximité, évoluant dans l’industrie, la construction, la promotion immobilière, le transport, la logistique, le transit et la finance.

Emigration clandestine : Film et témoignages

Le 16 décembre, le CIRD a projeté Wallah – Je te jure, un court-métrage sur la migration clandestine réalisé par l’OIM Niger. La projection a eu lieu dans le cadre du Festival international du Film sur la Migration, qui a lieu chaque année du 5 au 18 décembre.

Le film retrace le périple des candidats à la migration, aventure souvent motivée par la recherche d’une vie meilleure, dont le parcours est souvent cauchemardesque, à cause des dangers liés à la traversée du désert et de la mer et des mauvais traitements subis dans les pays de transit. Ces réalités sont souvent ignorées par les candidats dont le seul point de mire est l’Occident.

Après la projection, deux jeunes migrants de retour de Libye ont partagé leurs expériences, douloureuses naturellement, devant une assistance nombreuse. L’objectif était de dissuader les potentiels candidats. D. I., 16 ans a abandonné les cours en 12e pour prendre la route. Il est rentré au pays au bout de 9 mois de calvaire, vendu à plusieurs reprises par des trafiquants « qui sont des propres frères guinéens. » A.D, 25 ans, a quitté le pays en 2014, après une licence en Génie électrique. « On est parti parce qu’on n’avait pas l’espoir de gagner notre vie ici. On a choisi la clandestinité parce que la voie légale n’est pas accessible », a dit A.D.

Un débat instructif sur la responsabilité des politiques des pays de départ, de transit, d’accueil, de l’attitude des parents qui parfois encouragent ces départs, des familles  qui assument toutes les requêtes financières et vivent à distance la violence du parcours, des candidats eux-mêmes,

Enfin, OIM Guinée par la voie de son chargé de communication a expliqué les efforts qu’elle fournit pour aider les migrants à rentrer chez et à se créer une nouvelle vie.