Prix littéraire Wialliams Sassine : Le CIRD repousse la date butoir de dépôt des textes

Pour laisser le temps d’écriture, noter que la date butoir est repoussée au 31 décembre 2017, dernier délai.

Le CIRD, établissement indépendant d’utilité publique a lancé un concours littéraire en hommage à Williams Sassine qui a magnifié l’écriture et le récit dans les années 1970-2000, dans ses romans et  chroniques du Lynx.

Ce concours littéraire ouvert à tous les amoureux de la plume, inspirés par la phrase dite et répétée par  Williams Sassine :

« On a tellement de réalités qu’on n’écrit pas avec l’imagination […] Il suffit d’ouvrir sa fenêtre, d’ouvrir sa porte, il suffit de faire 100 mètres dans la rue pour que vous voyiez des choses qui défient l’imagination ».

10 à 20 pages, 20 000 à 40 000 signes maximum

Envoi à info@cirdguinée.org

Les meilleurs textes seront édités dans un recueil et récompensés de 500, 400, 300, 200 euros.

Les résultats seront publiés le 9 février 2018 et les prix seront décernés le même jour.

Une invitation au Salon du livre d’Abidjan en mai 2018

Un jury présidé par Véronique Tadjo, lauréate du prix littéraire d’Afrique noire

Ciné-débat : Projection du film Wallah – Je te jure

Samedi 16 décembre à 14 heures, projection du film « Wallah – Je te jure » et débats

Dans le cadre du Festival international du film sur la Migration, le CIRD et l’OIM projettent le 16 décembre à 14 heures un film sur l’Emigration et ses conséquences. Cette année, ce Festival intervient au moment où des migrants africains sont vendus aux enchères comme esclaves en Libye. Un drame dénoncé par l’OIM depuis le début de l’année.

La projection sera suivie d’un débat et des témoignages de migrants rapatriés dans le pays.

 

« La pratique de psychologie clinique en Guinée »

Le 25 novembre, le Dr Alhassane Chérif, psychologue clinicien, a animé une conférence-débat sur la « Pratique de la Psychologie clinique en Guinée ». Une initiative du Centre International de Recherche et de Documentation pour faire connaitre cette importante discipline mais très peu connue et peu usitée en Guinée.

Plus de trois heures d’échanges sur la Psychologie, son importance, ses différentes branches, son public cible. Alhassane Chérif a indiqué que la psychologie est une discipline complexe regroupant plusieurs courants théoriques et pratiques qui se subdivisent entre autres en psychologie clinique, comportementale, développementale, sociale, animale, différentielle. Elle est opposée à la Psychanalyse qui est une méthode de traitement des troubles psychiques.

Selon le docteur Alhassane, malgré son impact dans le domaine de la santé mentale publique, la psychologie clinique est méconnue et inexistante en Guinée, alors que dans d’autres pays elle est enseignée dans les universités publiques et aboutit à la formation des psychologues cliniciens ou expérimentaux. Même que le psychologue formé participe à l’éradication des maladies de la psychonévrose et celles des troubles de l’esprit telles que la dépression, la perversion, l’anorexie et la boulimie ainsi que les maladies psychotiques et psychosomatiques. Il est même utile pour l’embauche et la sélection des travailleurs sans oublier les conseils pour l’orientation scolaires et universitaire.

Alhassane Chérif, rentré de Paris en 2014, a mis en place l’Association guinéenne des psychologues cliniciens, composée des jeunes qu’il est en train de former pour assurer la relève. Il s’agit d’un espace d’écoute et de consultation où sont reçus des patients de tous âges souffrant des maladies aussi diverses que variées. Aussi, la structure prend en charge les personnes victimes de traumatisme suite aux violences conjugales, agressions sexuelles… Actuellement, l’association prend en charge les femmes victimes de viols lors des événements du 28 septembre 2009.

Pour leur, le défi reste la vulgarisation de la pratique en Guinée et l’introduction de la filière à l’Université afin de permettre à plusieurs jeunes d’opter pour la spécialité.

Selon Alhassane Chérif, depuis le début de ses activités en Guinée, il a une soixantaine de personnes dans son registre de consultation, mais il déplore les abandons. Pour le moment, sa structure est surtout sollicitée par les institutions internationales. Quant aux citoyens, nombreux préfèrent aller voir un charlatan ou une tireuse de cauri quand un problème lui arrive. C’est là où on peut se poser la question sur le lien entre la psychologie et les croyances religieuses.

Le docteur Alhassane Chérif est aussi l’auteur, il a publié La parenté à plaisanterie (Le Sanakouya), Le sens de la Maladie en Afrique et dans la migration et l’Importance de la parole dans le Manding de Guinée. Il est également président fondateur de l’Association Maison Sunjata Kéita, basée à Paris, un centre d’aide psychologique aux familles migrantes de France.

Cour pénale internationale : L’institution dans tous ses états

La Cour pénale internationale, importance et limites. Le thème a fait l’objet de débat le 11 novembre au CIRD. Le conférencier, Ghislain Poissonnier, magistrat français, a présenté l’institution, évoquant les espoirs suscités quand elle naquit en 2003, ses forces et faiblesses, son bilan et la déception.

Pour le conférencier, seule cour pénale permanente, la CIP a des compétences sur les crimes de génocide, les attaques généralisées présentant un caractère planifié, organisé contre une population, les crimes de guerre, les crimes d’agression. Elle a suscité beaucoup d’attentes parmi les Etats, les institutions, les sociétés civiles, qui ont espéré que désormais les crimes ne resteront pas impunis.

Composé de deux juges et un greffe, la CPI a mené sa 1ere enquête en 2005 sur le Congo. Sa force réside dans le fait qu’elle a le pouvoir de dissuasion, mais aussi dans le fait qu’il n’y a pas d’immunité devant la CPI (elle juge n’importe qui à n’importe quel moment). Le procureur a également le pouvoir discrétionnaire de poursuivre qui il veut. La création de la CPI a permis de promouvoir le DPI (Droit pénal international), elle a créé des jurisprudences comme le cas des procès de Thomas Lubanga, Jean-Pierre Bemba, le fait de communiquer sur ce qu’elle lui donne un caractère préventif. La protection des témoins avant, pendant et après le procès, la création d’un fonds de compensation sont entre autres acquis. Même qu’il est alimenté par les Etats.

Ghislain Poissonnier pense que la CPI, aurait jugé plus de crimes qu’il l’a fait depuis sa création. Mais qu’elle a des limites qui tiennent de son statut lui-même, elle agit en complémentarité des Etats. « La Guinée est bon exemple, tant que le pays ne montre pas son incapacité à juger les crimes commis en leur sein, la CPI les laisse faire. » En outre, la cour ne juge pas des crimes sur les droits de l’Hommes, atteinte à l’environnement, le terrorisme. Il y a également les limites temporaires (elle n’est pas rétroactive), les limites territoriales, les limites humaines (800 hommes composent la CPI, insuffisant, selon le conférencier), les limites financiers (son budget annuel est de 140 millions de dollars). Le conférencier soutient que c’est petit par rapport à tout ce que la cour a comme boulot. Il explique cela par le fait que des puissances telles que les Etats unis, la Chine, la Russie et l’Inde ne sont pas membres. Aussi, la cour n’a pas de police, elle ne peut rien sans la coopération policière et judiciaire des Etats. Le cas El Béchir est l’illustration parfaite. Dans ces, elle n’a que deux possibilités : pointer du doigt et sanctionner, mais saisir le Conseil de sécurité pour prendre des mesures contre les Etats qui ne coopèrent pas. Le problème est que le Conseil de sécurité est lui-même composé des Etat non membres.

D’autres problèmes sont liés à ses choix qui sont souvent discutables, aux procès trop longs.

 

Le CIRD reçoit un don de livre de l’Union européenne

Ce sont 287 ouvrages que la délégation de l’Union européenne en Guinée a offerts au Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD). Le chef de la délégation de l’UE en Guinée, M. Gerardus Gielen, en a fait la remise à la Direction du CIRD le 27 octobre, à Kipé Dadia. Ce don est la réponse de 31 délégations de l’UE à l’appel à contribution en faveur de l’événement Conakry, Capitale mondiale de livre 2017, lancé par la représentation de l’UE en Guinée.

Geradus Gielen, chef de la délégation de l’UE en Guinée, a rappelé que c’est en prélude à l’évènement Conakry, Capitale Mondiale du Livre que les organisateurs, conscients de leurs moyens limités, ont demandé aux partenaires de la Guinée (ambassadeurs et les délégations basées en Guinée), de prendre des initiatives allant dans le sens de l’organisation de cet évènement. « J’ai écrit à tous mes collègues ambassadeurs à travers le monde, pour ceux qui pouvaient contribuer, de m’envoyer une dizaine de livres de leur pays d’affectation, si possible en français ou en anglais, pour donner cette contribution à l’évènement, d’avoir une collection assez importante de tous les continents. On a réussi, 31 délégations ont contribué et ça donne cette collection qui est venue de partout », a expliqué le diplomate.

Elisabeth Degon, a eu du plaisir à recevoir les livres offerts par les délégations de l’Union européenne d’un grand nombre de pays. « Ces ouvrages généralement bien choisis vont alimenter les collections encore embryonnaires de notre bibliothèque, notamment dans le domaine de la littérature », a-t-elle affirmé. Précisant que certaines des délégations ont envoyé des documents qui représentent bien la production de leur pays, que les lecteurs ne manqueront pas de les apprécier. Elle a remercié le représentant de l’Union européenne, « qui n’a pas ménagé ses efforts pour collecter ces livres, et a proposé de les affecter au CIRD, centre documentaire nouveau-né, créé sur les propres fonds de Safiatou Diallo, la fondatrice et directrice générale. Nous apprécions cette dotation à sa juste valeur. »

La Directrice générale adjointe en a profité pour rappeler l’importance de la lecture et du livre et leur lien avec le développement : « La lecture est un précieux mode de développement, un mode d’ouverture sur le monde, un mode de réflexion, un mode de formation. Sans document écrit, papier ou numérique, pas de développement possible. La consultation sur le Net demande autant sinon, plus de capacités d’organisation et de tri de l’information qui vont de pair avec l’agilité dans la lecture. »

Elle a aussi indiqué que c’est aux librairies et bibliothèques d’offrir l’accès aux documents, avant de se réjouir de « l’organisation de CCML qui a impulsé un nouveau regard sur le livre à Conakry et nous nous en félicitons. »

Bibliothécaire de profession, madame Degon a saisi l’occasion pour « faire une petite remarque de bibliothécaire. Le don ne peut être qu’un accessoire dans la constitution des bibliothèques, apportant des ouvrages en adéquation avec les besoins des lecteurs et complétant ainsi le fonds documentaire. Nous préconisons également les collectes de fonds pour permettre l’acquisition sur place d’ouvrages répondant à ces besoins : cela a deux impacts, faire vivre les librairies locales, et coller au plus près des besoins. Que cette petite remarque n’entache pas cette cérémonie, nous réitérons nos vifs remerciements…. »

Le président du quartier de Kipé, de nombreux élèves et le censeur du Lycée du même quartier ont assisté à la cérémonie.

Le FOFPAG au CIRD : Plaidoyer pour l’atteinte du quota de 30 %

Dans la perspective des prochaines élections communales en Guinée, le Forum des Femmes Parlementaires de Guinée (FOFPAG) mène une campagne d’information et de sensibilisation pour une plus grande représentativité des femmes. C’est dans ce cadre que le 3 novembre, une mission du FOFPAG composée des députés Docteur Zalikatou Diallo, mesdames Barry Aïssatou et Diallo Fatoumata Binta ainsi que de représentantes d’ONG féminines, s’est rendue au siège du Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD), à Kipé Dadia. La mission a échangé avec la Direction du CIRD, notamment madame Elisabeth Degon, Directrice générale adjointe et certains membres de l’institution.

Selon Dr Zalikatou Diallo, la campagne en cours vise une meilleure participation des femmes aux prochaines élections communales. Il s’agit de faire un plaidoyer et un lobbying pour favoriser les candidatures féminines afin que le quota de 30% de femmes dans les sphères de prises de décisions soit une réalité en Guinée. Pour sa part, l’honorable Fatoumata Binta Diallo pense « qu’une synergie d’actions est nécessaire pour promouvoir les droits des femmes, déjà consacrés par la Constitution et les autres instruments juridiques ratifiés par la Guinée. »

Elisabeth Degon a indiqué que le FOFPAG ne s’est pas trompé de cible en venant au CIRD, un établissement privé fondé par une femme, madame Safiatou Diallo, qui a choisi une femme pour assumer la fonction de directrice adjointe de cet établissement intervenant dans le domaine de la Formation, de la Recherche  et de la Documentation. Pour madame Degon, « les femmes doivent prendre leur destin en main. S’organiser pour le combat qui passe par l’éducation et la santé de la reproduction. » Elle estime que cela suppose aussi l’éducation des hommes afin qu’ils adhèrent à la dynamique de promotion des droits des femmes à tous les niveaux de la vie socio économique et politique. Au terme de  cet entretien, les trois députés du FOFPAG ont signé dans  le livre d’or du CIRD.

Poésie et slam : Des mots pour dire les maux

Le 21 octobre, poètes, slameurs et musiciens ont égayé l’assistance à l’occasion de la session de slam et de poésie organisée par le Club littéraire du CIRD (CL-CIRD). Plusieurs thèmes : l’importance de la lecture, l’émigration clandestine, la protection de l’environnement, la gouvernance en Afrique… Pendant plus de 2heures, ces maîtres des mots comme le Parolier du Sud, Mister Slam, le Groupe Bostape (honoré à la COP22 à Marrakech) ont donné du plaisir à un public nombreux.

Mamadou Lamine Baldé avait introduit avec l’origine du slam, avant de laisser la place à Mamadou Aliou Dalein Diallo pour son poème déclamé en Pular sur « sa nostalgie du Foutah », région dont il est originaire. Si le texte laissait les uns indifférents du fait qu’ils ne comprenaient pas la langue, il arrachait les larmes à d’autres. Gallice Junior, la vedette du jour, a slamé, chanté Dans ma lecture, projet musical qu’il porte dans le cadre de Conakry capitale mondiale du livre.

Le CIRD expose sur Ma belle albinos

Le Club littéraire du CIRD a fait son baptême de feu le 7 octobre 2017. Présentation de livre, lecture d’extrait et débat ont ponctué la rencontre devant une trentaine de participants, pendant plus de 2 heures. A l’occasion, le livre Ma belle albinos a été présenté par son auteur, Lamine Diabaté.

Ma belle albinos, paru en 2014 suite à une résidence d’écriture, décrit la vie des tous les albinos, et par extension, celle de toutes les personnes nées avec un handicap de quelle que nature que ce soit. « Elle », le personnage principal, symbolise les maltraitances, les abus, les insultes, la stigmatisation, la discrimination. Seul le génie était là pour protéger « Elle », ce génie aussi parce qu’il était plutôt amoureux.

« Elle » comme nom pour la fille née albinos pour mettre en exergue la violation des droits dont l’albinos subit dans la société. En général, l’enfant né a droit à un nom, mais ce n’est pas le cas pour cette jeune fille qui n’a eu de nom que celui qu’elle tient de son genre. Pour M. Mamadou Yaya Sow, chef du Département Lettres à UGLC, « Elle » exprime l’anonymat, le rejet, l’abject. Cependant, il trouve qu’à travers le titre « Ma belle albinos », l’auteur tente de réhabiliter la fille.

Par ailleurs, la rencontre était l’occasion de parler de lecture. « Grâce à la lecture je fais tout ce que je fais aujourd’hui : écriture, mise en scène, comédie », a déclaré l’auteur. Elisabeth Degon, la directrice générale adjointe du CIRD rappelé qu’on « ne peut pas avoir la culture sans la lecture. J’invite les jeunes à lire. Chaque fois que j’échange avec un écrivain il me dit qu’il écrit parce qu’il a lu ».

Prix littéraire Williams Sassine : Candidats, à vos plumes

Le 29 septembre, le Prix Littéraire Williams Sassine a vu le jour. Une idée du Centre international de recherche et de documentation (CIRD). Il s’agit d’encourager l’écriture, valoriser la littérature guinéenne et africaine, en rendre hommage à Williams Sassine.

Selon Madame Safiatou Diallo, directrice générale du CIRD, a rappelé que son centre, le 15 avril dernier, avait dédié une journée à la vie et l’œuvre de Williams Sassine. « A cette occasion, le Prix littéraire Williams Sassine a été annoncé. Il se traduit par l’organisa d’un concours d’écriture ouverts aux participants de Guinée et du monde entier à l’image de l’esprit d’ouverture de l’écrivain. Ce concours doit connaitre une édition biennale », a précisé Elisabeth Degon, directrice adjointe du CIRD et auteur de Williams Sassine, l’itinéraire d’un indigné guinéen.

Pourquoi un Prix Williams Sassine ? « C’est quelqu’un qui a marqué l’histoire de ce pays. Il faut sortir de ce pays pour le connaitre. C’est rendre hommage à travers Sassine, à l’ensemble des écrivains et faire la promotion de la littérature guinéenne », a expliqué Madame Diallo Safiatou. L’œuvre de Williams Sassine, composée entre autres de Saint Monsieur Baly, Wirryamou, Le Jeune homme de sable, Le Zéhéros n’est pas n’importe qui, Mémoire d’une peau, la Chronique Assassine… traite des thématiques qui font encore l’actualité en Guinée et en Afrique.

Pour la première édition les lauréats seront connus en février 2018 à l’occasion de l’anniversaire de la mort de l’écrivain et les Prix seront remis en avril pendant les 72 heures du livre.

Il sera organisé, courant octobre et novembre, des ateliers d’écriture pour les candidats qui le désirent. Selon DGA du CIRD, « l’objectif de ces ateliers est de faciliter l’expression, sans toutefois aborder la thématique du concours. La spécialiste de Sassine d’espérer qu’au bout, on aura encouragé à l’écriture et l’expression littéraire, à la lecture et que la littérature guinéenne, l’œuvre de Sassine en particulier est davantage connue.

Le Jury international (personnalités du livre et de l’écrit, romanciers, journalistes, universitaires) se réunira pour délibérer et désigner les lauréats. Il s’agit de : Alimou Camara, professeur de lettres modernes à l’université Paris-Est Créteil, Hawa Camille Camara, journaliste, commissaire à la Haute Autorité de la Communication, Leïla Diallo, responsable de la médiathèque au CCFG, Souleymane Diallo, directeur du Lynx, Gahité Fofana, cinéaste auteur-réalisateur, Olivier Rogez, journaliste à RFI et romancier, Véronique Tadjo, professeure d’université, romancière et lauréate du prix littéraire d’Afrique noire, Mamadou Yaya Sow, chef du département Lettres modernes à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry.

Pour plus d’informations sur le concours, cliquer sur le lien ci-après pour voir le Règlement du concours.

RéglementConcoursVersionDossier

Ciné-débat : Hadja Moï

Le ciné-débat sur le film documentaire « Hadja Moï » a rassemblé 25 élèves, étudiants, enseignants et chercheurs. Ce film évoque l’attachement d’une femme centenaire Hadja Moï aux valeurs culturelles africaines transmises de génération en génération par l’oralité, en milieu familial et au sein de la communauté. Ouvrant le débat qui a suivi la projection, le Professeur Mamadou Yaya Sow doyen de la faculté des lettres de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia (Conakry) a rappelé les propos de Hadja Moï adressés à sa fille qui s’apprêtait à quitter Conakry pour Paris. « Il ne faut pas oublier ce que je t’ai dit » Phrase que la vieille femme a répété plusieurs fois au moment de dire au revoir à sa fille mariée à un Français. Pour le Professeur Sow, cette phrase traduit l’attachement à un enseignement par la parole. Autrement dit l’oralité transmise par la bouche. Enseignement qui se fait en tenant compte des genres sacrés (initiés) et profanes. Répondant à une question relative à la codification des valeurs transmises par la bouche, il a rappelé des citations de Amadou Hampaté Bâ : « En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » et « La bouche du vieillard sent mauvais, mais elle profère des choses intéressantes ».

Le débat a fait ressortir que des mutations dans les sociétés africaines entraînent aujourd’hui, la perte de certaines valeurs. Des efforts sont néanmoins entrepris par des sociologues, ethnologues, anthropologues, historiens, pour perpétuer les valeurs civilisationnelles et culturelles en lien avec l’oralité. En cela, les institutions d’enseignements sont un atout pour fixer la littérature orale.