Ciné-débat : Hadja Moï

Le ciné-débat sur le film documentaire « Hadja Moï » a rassemblé 25 élèves, étudiants, enseignants et chercheurs. Ce film évoque l’attachement d’une femme centenaire Hadja Moï aux valeurs culturelles africaines transmises de génération en génération par l’oralité, en milieu familial et au sein de la communauté. Ouvrant le débat qui a suivi la projection, le Professeur Mamadou Yaya Sow doyen de la faculté des lettres de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia (Conakry) a rappelé les propos de Hadja Moï adressés à sa fille qui s’apprêtait à quitter Conakry pour Paris. « Il ne faut pas oublier ce que je t’ai dit » Phrase que la vieille femme a répété plusieurs fois au moment de dire au revoir à sa fille mariée à un Français. Pour le Professeur Sow, cette phrase traduit l’attachement à un enseignement par la parole. Autrement dit l’oralité transmise par la bouche. Enseignement qui se fait en tenant compte des genres sacrés (initiés) et profanes. Répondant à une question relative à la codification des valeurs transmises par la bouche, il a rappelé des citations de Amadou Hampaté Bâ : « En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » et « La bouche du vieillard sent mauvais, mais elle profère des choses intéressantes ».

Le débat a fait ressortir que des mutations dans les sociétés africaines entraînent aujourd’hui, la perte de certaines valeurs. Des efforts sont néanmoins entrepris par des sociologues, ethnologues, anthropologues, historiens, pour perpétuer les valeurs civilisationnelles et culturelles en lien avec l’oralité. En cela, les institutions d’enseignements sont un atout pour fixer la littérature orale.

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