Deux œuvres pour une même famille académique : hommage à Pr Daniel Lamah, Recteur de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia et à Dr Safiatou Diallo historienne et fondatrice du CIRD

Ce vendredi 15 novembre 2025, l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia a vécu un grand moment symbolique. Réunis dans une atmosphère chaleureuse, autorités universitaires, enseignants, étudiants et invités ont assisté à la remise de deux œuvres d’art réalisées par Bella Bah, artiste peintre et sérigraphe guinéen résidant en France, au Pr Daniel Lamah et à Dr Safiatou Diallo.

Les étudiants du Master en Gestion et Conservation du Patrimoine (GESCOP), conviés à cette cérémonie de remise, ont adressé un message de bienvenue au Recteur et sa suite, le remerciant pour sa contribution, ainsi que celle de l’ensemble de ses équipes, pour les bonnes conditions de leur formation.

Le premier tableau qui symbolise la lumière, l’ouverture, le savoir a été offerte à Monsieur le Recteur, Pr Daniel Lamah ; celui-ci a dédié l’œuvre à toute la communauté universitaire et au Ministre de l’enseignement Supérieur et a aussi saisi l’occasion pour féliciter Dr Safiatou Diallo pour « son ouverture d’esprit et sa grande contribution au dynamisme de l’Université et particulièrement au Master sur le patrimoine ».

Le Recteur, visiblement très ému, a remercié l’artiste pour cette attention inattendue, ce geste rare, qui lie art, patrimoine et reconnaissance institutionnelle.

Il a rappelé que : « l’art est un langage capable d’unir les générations, d’inspirer les jeunes et de valoriser ceux qui œuvrent quotidiennement pour la connaissance ».

L’autre temps fort de la cérémonie fut la révélation d’une toile exceptionnelle inspirée du foulard de Dr Safiatou Diallo, historienne et grande figure de la valorisation du patrimoine guinéen.

Bella Bah, a confié l’origine de cette inspiration qui résultante de son admiration pour cette grande dame et chercheure de renom.

« La première fois que j’ai vu Dr Safiatou à Dakar, j’ai été frappé par son foulard, sa simplicité et son authenticité. C’était pour moi une évidence : il fallait en faire une œuvre. C’est mon hommage à son courage, son intelligence et son engagement pour notre pays. Mais c’est aussi un hommage à toutes les femmes de la Guinée » a-t-il rappelé.

La toile, fait du foulard un véritable objet patrimonial, célèbre à la fois l’identité, la féminité et la beauté guinéenne.

Les étudiants du Master GESCOP, conviés à cette cérémonie, ont apprécié le caractère symbolique de cet hommage : « Dr Safiatou nous apprend que le patrimoine ne se limite pas aux monuments. Il est aussi dans les objets, les gestes, les parcours humains qui construisent notre mémoire. »

Les jeunes filles présentes, admiratives, ont exprimé leur fierté de voir une femme guinéenne célébrée ainsi : « Ce tableau nous montre que la connaissance, la culture et l’élégance peuvent s’allier pour devenir un modèle de réussite. »

Dr Safiatou, particulièrement touchée, a remercié l’artiste et l’université pour cet hommage. Elle a rappelé que le patrimoine guinéen se compose aussi de gestes symboliques comme celui-ci, qui valorisent l’identité et inspirent les générations futures.

À travers ces deux œuvres offertes, l’une au Recteur et dédiée à la communauté universitaire, l’autre à Dr Safiatou et dédié aux étudiants du Master GESCOP (futurs experts du patrimoine), Bella Bah montre que le patrimoine guinéen se crée, se vit et se transmet chaque jour.

Les deux tableaux rejoignent désormais la grande famille du patrimoine guinéen.

La cérémonie s’est clôturée par la prestation artistique d’UNI-ART ET CULTURE

Justice transitionnelle en Guinée : quand le pardon rencontre l’histoire.

En présence de ses partenaires, des conseillers du Conseil National de la Transition, des membres de la Primature et du personnel du Ministère de la Justice, garde des sceaux et des droits de l’homme, le Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement, CIRD, a animé un colloque consacré à la justice transitionnelle en Guinée, ce 13 novembre 2025.

Dr Alioune Bah et Dre Sadiatou Diallo, respectivement Philosophe et Historienne, ont animé ce colloque.  Cette réflexion à deux voix où la philosophie rencontre l’histoire pour interroger un pays traversé par les blessures du passé, fut un moment idéal pour appeler les uns et les autres à écrire une nouvelle page de notre histoire en privilégiant la paix et la réconciliation nationale auxquelles le CIRD et ses partenaires restent profondément attachés.

Les deux chercheurs, dans leur intervention, se sont accentués sur le pardon qui, pour eux, n’apparaît non pas comme un renoncement, au contraire, comme un acte éthique, un geste de rupture avec la haine.

« Pardonner, écrit André Comte-Sponville, ce n’est ni oublier ni effacer. » Une pensée qui prend tout son sens dans un pays encore marqué par les traumatismes du Camp Boiro, les pendaisons, les répressions de 1984-1985, les violences de 2006-2007 et, plus récemment, les massacres du 28 septembre 2009 » ont-ils fait savoir dans leur intervention.

Pour les deux chercheurs, «…le pardon ne peut émerger que de la vérité. Sans écoute et sans justice, aucun apaisement durable n’est possible. »

Ils ont, de part et d’autre, chacun dans sa communication, insisté sur un fondement essentiel de la réconciliation, celui de l’écriture de l’Histoire générale de la Guinée.

Il est ressorti de leur constat que longtemps fragmenté, parfois instrumentalisé, le récit national n’intègre pas toutes les mémoires, celles des femmes, des jeunes, des régions, des familles meurtries comme des résiliences silencieuses, alors qu’il est d’une nécessité impérieuse. Pour les auteurs, « écrire l’histoire est un acte de réparation symbolique, un moyen de redonner voix à ceux qui ont été réduits au silence et de relier les mémoires dispersées. »

Dr Safiatou Diallo a aussi rappelé que : « La Guinée ne manque pas d’histoires ou d’historiens conscients des enjeux, elle manque d’un récit global commun ».

Elle a par la suite interpelé l’État à encourager et soutenir la liberté scientifique indispensable à cette entreprise nationale. Dans leur intervention, ils ont fait savoir que le pardon soigne les blessures individuelles tandis que l’histoire répare la mémoire collective. L’un apaise le cœur, l’autre éclaire la raison. Ce tandem, expliquent les auteurs, doit servir de socle à une justice transitionnelle réellement inclusive, enracinée dans la vérité vécue et dans la dignité humaine.

Dr Safiatou a saisi l’occasion pour informer du prolongement de cette dynamique, par une Caravane nationale de formation et de sensibilisation sur la justice transitionnelle, le Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD) sur un appui financier l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone.

L’objectif de cette caravane est de rapprocher les concepts de vérité, réparation et réconciliation des citoyens, à travers des formations, des rencontres communautaires et des animations culturelles itinérantes.

Mérite : Dre Safiatou décroche le d’Excellence 2025

Après une première récompense à l’International, Dre Safiatou DIALLO, Présidente du conseil d’Administration du CIRD, vient d’être à nouveau récompensée du Prix d’Excellence 2025 du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation pour saluer et encourager les efforts des Enseignantes chercheures et étudiantes qui s’illustrent en bien et par de bonnes actions dans les institutions d’enseignement supérieur.

La cérémonie s’est tenue ce vendredi 7 novembre 2025, à la Cité des Sciences, dans la commune de Ratoma (Conakry), en présence du Secrétaire Général du MESRSI, de plusieurs cadres du département, de la Première Vice-Présidente du CNT, ainsi que des familles des lauréates. En plus du satisfecit et du trophée qui lui ont été remis, Dre Safiatou DIALLO a également bénéficié d’un ordinateur portable HP de dernière génération et d’une enveloppe symbolique.

C’est en faveur de la 9ᵉ édition du Prix, organisée la Cellule Genre et Équité du MESRI, que Dre Safiatou DIALLO, Enseignante-Chercheure à l’Université Général Lansana CONTE de Sonfonia, a été distinguée aux côtés d’autres Universitaires et Étudiantes. Cette distinction vient saluer un parcours exemplaire alliant rigueur Scientifique, Innovation Pédagogique et engagement pour l’égalité et l’inclusion.

Forte de plus de 15 années d’expérience dans l’enseignement et Fondatrice du Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement (CIRD), Dre Safiatou DIALLO, Historienne de Formation, a exprimé sa gratitude après la remise du prix.

« J’ai eu, au cours de mon parcours, le privilège d’être reconnue à l’international, notamment par l’Académie des sciences d’Outre-Mer de Paris, qui m’a décerné le Prix Paul Bourdarie. Mais être célébrée dans son propre pays a une tout autre saveur, parce qu’en fait, tout a commencé ici. Mes rêves et mes engagements ont commencé ici, et c’est pour ce pays que je me bats. Tout archive que je consulte, tout écrit que je produis, je pense d’abord à ce que cela peut apporter à mon pays », a-t-elle confié.

Elle a ensuite ajouté qu’elle trouve « …ce prix très intéressant, parce qu’il rappelle que lorsque nous nous battons, souvent seuls avec nos ordinateurs et nos étudiants, il existe quelque part une instance qui pense à nous encourager. Ce prix est donc un prix d’encouragement pour ce que nous sommes, pour ce que nous faisons, et surtout une reconnaissance de nos productions scientifiques. »

Plus loin, l’Enseignante-Chercheure a évoqué sa vision académique et citoyenne.

« En tant qu’historienne, j’ai choisi de donner une voix à notre mémoire collective. Chaque archive, chaque récit, chaque patrimoine que je tente de documenter est une manière de dire au monde que la Guinée a une histoire, une âme, et des femmes et des hommes qui la portent avec dignité. Et en tant que fondatrice du CIRD, j’ai voulu bâtir un lieu où la recherche et la société dialoguent, où la science rejoint la vie, et où les jeunes chercheurs trouvent un espace pour apprendre, créer et rêver », a-t-elle soutenu.

Pour conclure, Dre Safiatou DIALLO a dédié son prix à toutes celles et ceux qui partagent la vision d’une Guinée confiante en ses intelligences, qui valorise ses savoirs, protège son patrimoine et favorise une recherche ancrée, responsable et humaine.

Il convient de rappeler que la cérémonie de remise du Prix d’Excellence s’inscrit dans une dynamique de valorisation de l’excellence féminine et de promotion de modèles inspirants en République de Guinée.