Olivier Rogez et Véronique Tadjo présentent leurs livres

Samedi 10 février, à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, dans la grande salle de la Bibliothèque américaine, Véronique Tadjo, auteure, Grand Prix littéraire d’Afrique noire (2005), a présenté En compagnie des hommes, son dernier ouvrage, paru en 2017 aux éditions Don Quichotte. Olivier Rogez, grand reporter à Radio France internationale, a aussi présenté le sien L’ivresse du sergent dida, son premier roman, paru en 2017 aux éditions Le Passage, récompensé par le Prix Société des Gens de Lettres 2017 du premier roman. Tous les deux étaient membre du Jury du Prix littéraire Williams Sassine dont la remise avait eu lieu la veille.

La rencontre littéraire a mobilisé plusieurs centaines de participants, écrivains, journalistes, enseignants, étudiants, éditeurs ainsi que le professeur Amadou Koré BAH, Recteur de l’université. Tout a commencé par l’exposé de Bachir Tamsir Niane, qui a fait une étude critique des ouvrages, aussi bien sur la forme que sur le fond.

Dans son livre En compagnie des hommes, 171 pages, Véronique Tadjo traite de la plus grande épidémie d’Ebola qui a frappé l’Afrique de l’ouest entre 2014 et 2016. Elle dit avoir été inspirée par l’ampleur de l’épidémie, mais aussi par le silence qui a suivi la déclaration de sa fin. « Comme tout le monde, j’ai suivi ce qui s’est passé et j’ai été très touchée par la dévastation que l’épidémie a provoquée dans les différents pays en question : la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone. La Côte d’Ivoire fait frontière avec la Guinée et donc on s’est sentis vraiment très concernés, moi en particulier. J’ai trouvé les images et les articles catastrophiques. Donc cela m’a amené à une réflexion plus large et plus profonde sur les problèmes sanitaires que nous rencontrons en Afrique de l’Ouest … il nous faut en prendre conscience, prendre en main notre environnement et notre santé », a interpelé l’auteure.

A la différence du premier ouvrage, L’ivresse du sergent dida parle d’un jeune sous-officier qui prend le pouvoir à un moment où son pays s’effondre. Dans ce roman de 314 pages, l’auteur soulève des interrogations qui traversent tous les peuples et toutes les nations. Olivier Rogez  pose la question de savoir « comment le pouvoir nous transforme et comment pouvons-nous transformer le pouvoir ? »

Bachir Tamsir Niane, dans sa présentation critique, relève de nombreux traits communs entre la situation décrite dans le roman et celle de la Guinée. L’auteur explique : « Quand les images me venaient en tête en écrivant, c’était des images de Conakry. Malheureusement, ce n’est pas un livre sur la Guinée, mais c’est un livre très inspiré par la Guinée. Je parle de l’ivresse du pouvoir parce que mon héros est un jeune militaire qui, dans des conditions où la structure politique de son pays s’effondre, prend le pouvoir. Et une fois qu’il le prend, va se poser la question de savoir ce qu’il en fait. C’est une question qu’on doit toujours se poser ! Qu’est-ce qu’on fait quand on a pris le pouvoir. Est-ce qu’on devient un héros ou  un bourreau pour son peuple ? C’est une question centrale qui traverse l’Histoire. Comment le pouvoir nous transforme ? Comment pouvons-nous transformer le pouvoir ? Et le pouvoir doit-il servir à faire le bien de la nation ? »

Professeur Amadou Koré Bah, recteur de l’Université de Sonfonia, a remercié les initiateurs de la rencontre et surtout le choix de Sonfonia pour l’abriter. Il a dit que son institution est à la disposition de toutes les initiatives de ce genre. Il a déclaré vouloir accueillir le CIRD au sein de l’université et mettre en œuvre rapidement les collaborations.

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