Les avantages et inconvénients du jeûne

L’endurance, la solidarité, la capacité à prendre une décision et de choisir, la rigueur, la modestie, la discipline, l’humilité, sont entre autres traits qui caractérisent le jeûneur. Le 12 mai au CIRD, Cheick Oumar Barry, islamologue et Directeur général de l’Ecole internationale de Conakry et Dr Ibrahima Sory Diallo, nutritionniste en service à l’INSE (Institut national de nutrition et de l’enfance) ont co-animé une conférence sur « Les avantages et les inconvénients du jeûne sur l’organisme ». Les avantages sont spirituels, sociaux, physiques mais aussi sanitaires. Le jeûne renforce le lien entre les fidèles d’une part, entre eux et leur Créateur d’autre part. L’islamologue considère le jeûne comme une école où le fidèle apprend à vivre avec ses semblables dans la solidarité, la fraternité et l’humilité et d’où il sort avec une foi renforcée et un lien avec son Créateur consolidé.

Sur le plan sanitaire, Dr Ibrahima Sory soutient que le jeûne régénère le corps, renforce l’immunité. Pour lui, cette pratique qui consiste se priver volontairement d’alimentation dans un temps limité est bonne la santé. Le jeûne prévient les maladies qui passent par la cavité buccale et donne une haleine pure et une santé dentaire. Le jeûne désintoxique l’estomac, favorise son repos ainsi que celui des organes nobles et donne un bien-être. Il permet de consommer les dépôts de la surconsommation. Au niveau du cœur, les triglycérides diminuent avec le jeûne, les vaisseaux augmentent et facilitent la circulation du sang.

Malgré ces multiples avantages, le jeûne peut entraîner des complications chez certains sujets, notamment la carence alimentaire, l’anémie, le trouble du rythme, l’hypoglycémie… Selon lui, le jeûne est contre indiqué chez la femme enceinte ou la nourrice, les personnes âgées, celles qui souffrent d’une insuffisance cardiaque ou rénale avérée, celles qui souffrent de l’hépatite ou qui traînent un diabète mal équilibré.

Il a conseillé une alimentation équilibrée : ne pas se gaver la nuit et rompre avec du liquide chaud, de préférence de l’eau avant les autres aliments.

Journée mondiale de la presse : Le CIRD à la rencontre des futurs journalistes

« La responsabilité sociale des professionnels de médias dans le domaine des Droits de l’Homme ». C’est le thème de la conférence qui a été animée par Chaikou Baldé, journaliste, président de l’Alliance des Médias pour les Droits humains en Guinée. La rencontre, initiée par le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD) s’est tenue à l’Institut supérieur de l’information et de la Communication (ISIC) Kountia, le 3 mai 2018, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

La rencontre a mobilisé de nombreux étudiants, enseignants, des professionnels de médias, des cadres du ministère de la Communication, le représentant du Haut-commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme et les cadres du CIRD.

Mamadou Yaya Cissé, Directeur général adjoint chargé des études à l’ISIC, hôte de la rencontre, a exprimé sa joie et rappelé la mission de son institution : « La formation initiale des futurs journalistes et futurs communicants du pays. Donc, ces échanges permettront d’apporter un plus à la connaissance ou à l’enseignement théorique que nous donnons à nos étudiants dans les salles de classe ».

Monsieur Sako représentant le représentant résident du Haut-commissaire général des Nations Unies aux droits de l’homme en Guinée. Il a salué l’initiative du CIRD qui vise à aller à la rencontre des étudiants pour échanger avec eux sur les responsabilités qui seront les leurs. Pour lui, en Guinée comme partout ailleurs, la formation et le respect de la loi restent les défis à relever pour les promoteurs des droits de l’homme en général, des droits des journalistes en particuliers.

Ce fut l’occasion de présenter le CIRD et ses activités. Une structure indépendante agréée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui œuvre  dans les domaines de la recherche, de la documentation et de la Formation continue ; sa bibliothèque très fournie permet aux étudiants, enseignants, chercheurs et professionnels d’avoir accès à des ouvrages aussi bien généraux que spécialisés.

L’exigence de professionnalisme, les menaces qui pèsent sur la corporation, la problématique de l’accès à l’information, les conditions de vie et de travail des journalistes, ces différents thèmes ont alimenté les débats. Pour les différents intervenants, le respect de la loi en vigueur par l’ensemble des acteurs est le passage obligé pour arriver un journalisme professionnel.

Cette rencontre a servi de cadre à la signature d’une convention de partenariat entre le CIRD et l’Association des professionnelles africaines de la communication (APAC-Guinée). Un partenariat qui traduit la volonté du CIRD d’accompagner les femmes de plus en plus nombreuses à opter pour le journalisme, notamment en matière de formation continue.

Quant à Chaikou Baldé, le conférencier, il a replacé la date du 03 mai dans son contexte historique. Rappelant qu’elle marque « l’anniversaire de la déclaration de Windhoek qui est un énoncé de principe établi par les journalistes africains en 1991, appelant à une presse libre, indépendante et pluraliste sur notre continent et à travers le monde. Cette déclaration affirme que la liberté de la presse est indispensable à l’existence de la démocratie et constitue une aspiration fondamentale de l’homme. Pour nous femmes et hommes des médias, la déclaration de Windhoek marque une étape importante de la lutte pour la liberté de la presse dans toutes les régions du monde. » Pour lui, cette déclaration est la réaffirmation de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 dans laquelle il est dit :  « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de rependre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit ».

Quid du défenseur des droits de l’homme ?

Il s’agit, selon le conférencier, de toute personne qui, individuellement ou en association avec d’autres, œuvre à la promotion et (ou) à la protection des Droits de l’Homme.

S’agissant des médias et les droits de l’homme, le conférencier rappelle le lien en se basant sur cet extrait : « Une presse libre, pluraliste et indépendante est une composante essentielle de toute société démocratique ». Il est tiré de la déclaration de l’UNESCO qui, en 1983, établissait le lien entre le journaliste et les droits de l’Homme :

  • Le véritable journaliste défend les valeurs universelles de l’humanité, en particulier la paix, la démocratie, les droits de l’homme… ;
  • Le journaliste participe activement aux transformations sociales orientées vers une amélioration démocratique de la société et il contribue, par le dialogue, à établir un climat de confiance dans les relations internationales, propre à favoriser partout la paix et la justice, la détente, le désarmement et l’épanouissement national ;
  • Le journaliste peut contribuer à éliminer l’ignorance et l’incompréhension entre les peuples, à rendre les citoyens d’un pays sensibles aux besoins et aux désirs des autres, à assurer le respect des droits et de la dignité de toutes les nations, de tous les peuples et de tous les individus.

Il a également évoqué le journalisme citoyen, né de l’obligation morale, de la volonté de changer les choses et de transformer la société. Cette forme de journalisme est profitable surtout à la collectivité et se distingue par l’originalité des articles et reportages.

Chaikou Baldé dira en fin que la responsabilité sociale des journalistes en matière des droits de l’homme exprime tout ce qui a trait au travail du journaliste pour soutenir, appuyer, renforcer voire consolider les droits humains dans un pays. Cette responsabilité sous-entend le rôle et la place des médias dans le domaine des droits de l’homme.

La réconciliation nationale en débat

Samedi 21 avril, Ibrihima Sanoh, écrivain, a donné une conférence-débat au CIRD sur le thème : Pour une réconciliation nationale en République de Guinée, qui est aussi le titre de son essai sur l’histoire de la Guinée indépendante, paru en décembre 2017 chez SAEC.

Le conférencier est a livré le contenu de son ouvrage dont voici des extraits :

L’histoire de la Guinée indépendante n’est pas enseignée dans le cadre de l’enseignement formel. Elle ne fait l’objet d’aucun manuel scolaire.  Elle n’est pas consensuelle. En République de Guinée, plusieurs variantes de l’histoire se confrontent et les tenants de chacune d’elles, selon les intérêts ou les affections ; l’utilisent pour tirer, chacun, la couverture de son côté. Elle est conflictuelle et divise.

Evoquer cette histoire peut donner lieu à des remontrances ou à toutes les simplifications telles que : « Ne réveillez pas les morts ! », « Tournez la page ! », «  La Guinée est une famille ». Pourquoi fuyons-nous notre histoire ? Pourquoi l’avons- nous couverte du voile pudique ? Pourquoi refusons-nous de l’assumer ?

Elle est faite de douleurs, de sueurs et sangs,  de meurtres, de blessures et de douleurs, de viols et aussi des rendez-vous manqués. Ne voulant rien assumer, la politique de l’oubli a été implémentée, elle consiste à ne pas l’évoquer, à ne pas l’assumer, à ne pas en tirer des leçons et de divertir à son sujet.

Un pays, comme le nôtre,  sans politique de juste  mémoire  saurait-il réussir son pari de développement ? L’histoire n’est-elle pas une émule du temps, un dépôt des actions humaines,  un  témoin du passé, un exemple du présent,  un enseignement pour l’avenir ?  On ne peut pas tourner la page de l’histoire avant de l’avoir lue.

Ainsi, l’essai «  Pour une Réconciliation Nationale en République de Guinée » interroge l’histoire de la Guinée indépendante, l’analyse.  De ce travail d’analyse et d’interprétations du fait historique découle une conclusion sans appel : elle est tronquée,  falsifiée à dessein  et non assumée.  Cet essai ambitionne de réconcilier l’Etat avant lui-même et avec ses citoyens pour faire renaître une nouvelle arche d’alliance et réécrire une variante de l’histoire qui soit consensuelle.

Composé de 202 pages, l’essai se subdivise en quatre chapitres. Le premier, intitulé «  Comment sommes-nous arrivés là ? » fait une analyse de l’histoire afin de  faire le bilan de la gestion de notre indépendance, de ressortir les points de frictions, nos manquements et errements  et de justifier l’imminence d’une réconciliation nationale.

Le deuxième chapitre s’intéresse à la méthodologie de la réconciliation et esquisse les substrats théoriques de la problématique en tenant compte de nos réalités, de la singularité de notre histoire et des meilleures pratiques de réconciliation à travers le monde.  Dans cette méthodologie de la réconciliation, l’auteur définit la réconciliation, il parle de la commission de réconciliation, de sa composition,  de ses mandats et  de ses missions de rétablissement des vérités personnelles, dialogiques et factuelles à travers les auditions publiques et à huis clos. Il traite les questions de justice, de son application dans la limite humaine possible. Par ailleurs, il traite les questions liées à l’amnistie, aux réparations, aux excuses officielles de l’Etat, au pardon et de la démarche à adopter pour la réécriture de l’histoire afin d’éviter la négation et la falsification de l’histoire consensuelle qui sera rédigée  à  la suite du  travail de la commission de réconciliation.

Selon  l’entendement de l’auteur, la réconciliation n’est pas statique, ponctuelle, elle n’a pas seulement pour dessein de solder le contentieux historique, elle est aussi transversale et évolutive. La question mémorielle ayant été abordée, du moins théoriquement dans le précédent chapitre, les autres facettes de la problématique ont été abordées par l’auteur  dans le troisième chapitre  « les réformes nécessaires à la réconciliation nationale  ». Ces réformes sont  économiques, politiques et sectorielles (de l’éducation, de la justice, de la gouvernance).

Dans le dernier chapitre, l’auteur traite des « erreurs à éviter  » afin d’éviter à l’initiative de réconciliation nationale l’échec et  la trahison. Ces erreurs sont entre autres : la manipulation de la religion pour justifier le pardon, la constitution d’un gouvernement d’union nationale et la réconciliation politique.

Dans les débats, la question de volonté politique a été évoquée. Pour nombre d’intervenants, c’est à l’Etat de monter le chemin en assumant son rôle dans l’histoire de la Guinée. Aussi, pour une réconciliation nationale, il faut bannir le népotisme, le régionalisme, faciliter un accès équitable à tous à la justice, aux postes de responsabilités dans l’administration.

Le CIRD à la 10ème édition des 72 heures du livre

Le Centre International de Recherche et de Documentation, CIRD, prend part aux 72 heures du livre 2018, invité par le comité d’organisation. Cette 10ème édition coïncide avec la clôture de l’événement « Conakry, capitale mondiale du livre 2017 » dont la clôture a officiellement eu lieu le 22 avril 2018, sous l’égide de l’UNESCO et la présidence du Chef de l’Etat. Durant toute une année, les acteurs culturels de Conakry ont redoublé d’efforts pour la promotion du savoir par le livre et la lecture. Activités essentielles qui sont la raison d’être même du CIRD.

Après les discours officiels, le Chef de l’Etat, accompagné par Sansy Kaba Diakité, commissaire général de « Conakry capitale mondiale du livre 2017 », a procédé à la visite et s’est arrêté, entre autres, sur notre stand, animé par notre équipe et par celle de notre club littéraire. Le CIRD, établissement indépendant qui se consacre à la recherche scientifique, à l’accès à la documentation et à la formation continue, profite de ces riches journées pour exposer largement son projet, ses actions, et multiplier les contacts internationaux.

Une équipe composée des membres du Club littéraire et du CIRD assurent avec enthousiasme l’animation de ce stand.

Le CIRD, un an déjà et ça ne fait que commencer !

Le 24 mars 2018, le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD) a bouclé une première année d’activités et a profité de cette belle occasion pour présenter à un public nombreux d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, sa Direction de la recherche. En présence de M. le Professeur Amadou Bano BARRY, Conseiller du Président de la République sur les questions de l’Education et Mme le Dr Mafory BANGOURA, Directrice générale de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique au ministère en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le professeur Jacques MICHEL, professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Lyon (France), a expliqué les intentions, les objectifs et les perspectives de son département.

Jaques Michel a exprimé la volonté du CIRD d’aider le secteur de la recherche scientifique en Guinée, et a invité les acteurs concernés à venir avec leurs projets et idées de projets. Peu importe la diversité, l’essentiel, selon lui, c’est la complémentarité, le point de convergence. Il veut créer un pôle où des personnes exerçant dans des domaines différents peuvent se rencontrer pour avancer dans leurs réalisations. Pour lui, le CIRD a pour mission de produire mais aussi de former. Soulignant que CIRD peut faciliter pour des étudiants des stages en entreprises, lesquels stages seront sanctionnés par des rapports de stages. Jaques Michel est revenu sur les différentes étapes de la recherche : la collecte, l’analyse, la synthèse des données ; la différence entre la norme et la règle…

Les participants n’ont pas tardé à réagir, montrant que le CIRD cristallise de nombreux espoirs et besoins en lien avec la formation (méthodologie de recherche, anglais…), l’accès à une documentation fournie, mais aussi à l’accompagnement des étudiants qui aspirent à une spécialisation, notamment en sociologie de la santé.

De nombreuses interpellations qui s’apparentent à des défis que le CIRD souhaite relever. Nicolas DEXTREIT, directeur général, dans son mot d’accueil, après avoir cité un échantillon des nombreuses activités réalisées (conférences-débats, ciné-débats, journée internationale de l’environnement, journée internationale des femmes, le Prix littéraire Williams Sassine etc.), a informé que le CIRD explore la voie du numérique pour permettre l’accès plus facile aux documents, travaille à favoriser l’acquisition des compétences pour un meilleur accès au marché de l’emploi dans les entreprises. Le Directeur a aussi remercié les entreprises partenaires, notamment ERAI Export qui  a mis à la disposition du CIRD 10 bourses de recherche pour l’année universitaire 2018-2019.

Le CIRD est heureux de savoir qu’il y a des personnes ressources prêtes à l’accompagner dans sa mission. C’est le cas du professeur Goudoussi Diallo, qui a annoncé sa volonté et sa disponibilité à offrir, sous le couvert du CIRD, des ateliers d’écriture et un cours sur la publication.

8 mars : Les droits des femmes à l’épreuve des pesanteurs sociales

Pesanteurs sociales, culturelles et religieuses, le manque de volonté politique de promouvoir la femme et son activité, sont entre autres facteurs identifiés comme obstacles à l’émancipation de la femme. Malgré un cadre légal et réglementaire (la Guinée a signé et ratifié la plupart des conventions, traités et lois qui garantissent les droits des femmes) favorable à l’épanouissement de la femme.

Ce diagnostic a été fait par les femmes elles-mêmes le 8 mars 2018, lors d’une conférence-débat organisée au CIRD à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Mesdames Fatou Baldé Yansané, présidente de la COFEL (Coalition des femmes leaders), Barry Hawa Dramé, présidente de la Fondation internationale Tierno et Mariama et Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’APAC (Association des professionnelles africaines de la communication), se sont penchées sur « La problématique de la représentativité des femmes dans les sphères de prise de décision en Guinée ».

Fatou Baldé Yansané a remonté le temps pour invoquer les Guinéennes qui, sous le premier régime, ont occupé des postes importants jusqu’aux Nations-Unies. Mais, elle regrette que dans la plus part des cas les femmes étaient analphabètes et qu’il fallait plutôt pouvoir faire de la propagande du parti pour être casé quelque part. La présidente du COFEL est certaine qu’il y a des femmes compétentes et intègres dans le pays, mais qui sont écrasées sous le poids de la démagogie et des considérations infondées : « Pour avoir un poste certains hommes et femmes sont obligés de garder les salles d’attente ou raser les couloirs des bureaux des signataires des décrets ou arrêtés jusqu’à 23 heures, voire 0heures, 1heure du matin. La femme qui sait qu’elle est capable, à qui il reste la moindre dignité, ne peut pas le faire. Elle reste à la marge parce que les conditions ne lui sont pas favorables. C’est le pays qui en souffre, parce que la femme, lorsqu’elle a un poste de responsabilité, elle veut honorer sa personne, elle veut honorer sa famille, donc elle travaille pour avoir des résultats »

Pour la conférencière, les compétences féminines ne manquent pas en Guinée. Malgré tout, le pays ne compte que 5 femmes ministres, 1  gouverneure sur 8, 25 femmes sur 114 députés à l’Assemblée nationale. Elle ne comprend pas pourquoi il ne peut pas y avoir autant de préfètes que de préfets ? Puis, d’invoquer les dernières communales qui ne viennent pas pour arranger les choses. « Il n’y aura pas de dames maires, sauf peut-être Kaloum, parce qu’elles n’occupaient des positions favorables. J’ai connu une femme qui voulait être candidate indépendante mais qui a manqué de soutien. » Le quota de 30 % ? Il a sauté, ont dit les dames.

Hawa Barry Drame pense que le problème n’est pas lié au cadre légal et réglementaire. Ce sont surtout les pesanteurs socioculturelles qui mettent à rude épreuve les droits des femmes en Guinée. Elle appelle à sensibiliser et à conscientiser les filles mais aussi les parents. Car, selon elle, pour atteindre l’objectif de la parité, l’éducation de la jeune fille est un passage obligé. Hawa Barry Dramé et Fatou Baldé Yansané ont interpellé les parents, notamment les pères dont le rôle est crucial dans l’éducation de la fille. « La solution se trouve dans vos mains, vous les pères. C’est vous qui pouvez montrer à vos filles qu’elles sont capables et les mettre sur le chemin », a dit madame Yansané. Qui insiste sur la nécessité de mettre fin au mariage précoce qui empêche les filles d’aller au bout de leur cursus.

Asmaou Barry, au bord de la révolte, appelle à une révolution mentale chez les femmes et filles. Elle est convaincue que les femmes n’auront jamais leurs droits sur un plateau. C’est au bout d’un combat intelligent qui allie détermination et assurance à l’endroit des hommes qui ne doivent pas être vus par les femmes comme des adversaires, plutôt des partenaires. Ceux-ci doivent accompagnement et protection à leurs femmes, filles, sœurs et mamans. Les préjugés et autres ressentiments qui barrent la route aux femmes n’ont pas été occultés. Tout comme la nécessité pour les femmes de faire leur autopromotion et de s’entraider. « Nous devons utiliser les médias (traditionnels et sociaux) pour faire notre propre promotion. Au lieu de passer son temps à poster des photos sur Facebook, utilisons ce canal pour faire savoir ce que nous pouvons faire », a proposé Asmaou Barry.

C’est Jacques Michel, professeur émérite et directeur du Département Recherche, qui avait, au nom du Centre International de Recherche et de Documentation, souhaité la bienvenue à l’assistance. Il a indiqué que le CIRD est heureux de célébrer le 8 mars aux côtés des Guinéennes. Il a regretté l’absence pour raisons de santé de la fondatrice du CIRD, Madame Safiatou Diallo, qui a créé le cadre qui permet ces échanges.

Pour lui, la fête des femmes a une signification profonde, elle est « une occasion de souhaiter une société accomplie, une société totale, où les contractions, les intérêts divergents sont dépassés au profit d’une véritable communauté humaine. « Les questions qui touchent les femmes concernent toute la société. Le CIRD a besoin de vous, vos structures, vos organisations, pour que vous veniez nous parler, nous informer. Il y a des choses que vous savez que nous ne savons pas, les problèmes de la société, les problèmes que nous taisons. Venez nous en parler. Le CIRD vous ouvre ses portes. »

Des échanges francs sur des questions toujours tues ont ponctué l’événement. Sur la question liée poids de la religion sur la femme, les conférences ont soutenu que les religions monothéistes ne constituent pas un frein à l’épanouissement de la femme. « C’est juste qu’il y a des hommes qui ont interprété les textes en leur faveur. D’où la nécessité pour la femme de s’armer du savoir pour se protéger », a conclu la présidente de la COFEL.

Olivier Rogez et Véronique Tadjo présentent leurs livres

Samedi 10 février, à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, dans la grande salle de la Bibliothèque américaine, Véronique Tadjo, auteure, Grand Prix littéraire d’Afrique noire (2005), a présenté En compagnie des hommes, son dernier ouvrage, paru en 2017 aux éditions Don Quichotte. Olivier Rogez, grand reporter à Radio France internationale, a aussi présenté le sien L’ivresse du sergent dida, son premier roman, paru en 2017 aux éditions Le Passage, récompensé par le Prix Société des Gens de Lettres 2017 du premier roman. Tous les deux étaient membre du Jury du Prix littéraire Williams Sassine dont la remise avait eu lieu la veille.

La rencontre littéraire a mobilisé plusieurs centaines de participants, écrivains, journalistes, enseignants, étudiants, éditeurs ainsi que le professeur Amadou Koré BAH, Recteur de l’université. Tout a commencé par l’exposé de Bachir Tamsir Niane, qui a fait une étude critique des ouvrages, aussi bien sur la forme que sur le fond.

Dans son livre En compagnie des hommes, 171 pages, Véronique Tadjo traite de la plus grande épidémie d’Ebola qui a frappé l’Afrique de l’ouest entre 2014 et 2016. Elle dit avoir été inspirée par l’ampleur de l’épidémie, mais aussi par le silence qui a suivi la déclaration de sa fin. « Comme tout le monde, j’ai suivi ce qui s’est passé et j’ai été très touchée par la dévastation que l’épidémie a provoquée dans les différents pays en question : la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone. La Côte d’Ivoire fait frontière avec la Guinée et donc on s’est sentis vraiment très concernés, moi en particulier. J’ai trouvé les images et les articles catastrophiques. Donc cela m’a amené à une réflexion plus large et plus profonde sur les problèmes sanitaires que nous rencontrons en Afrique de l’Ouest … il nous faut en prendre conscience, prendre en main notre environnement et notre santé », a interpelé l’auteure.

A la différence du premier ouvrage, L’ivresse du sergent dida parle d’un jeune sous-officier qui prend le pouvoir à un moment où son pays s’effondre. Dans ce roman de 314 pages, l’auteur soulève des interrogations qui traversent tous les peuples et toutes les nations. Olivier Rogez  pose la question de savoir « comment le pouvoir nous transforme et comment pouvons-nous transformer le pouvoir ? »

Bachir Tamsir Niane, dans sa présentation critique, relève de nombreux traits communs entre la situation décrite dans le roman et celle de la Guinée. L’auteur explique : « Quand les images me venaient en tête en écrivant, c’était des images de Conakry. Malheureusement, ce n’est pas un livre sur la Guinée, mais c’est un livre très inspiré par la Guinée. Je parle de l’ivresse du pouvoir parce que mon héros est un jeune militaire qui, dans des conditions où la structure politique de son pays s’effondre, prend le pouvoir. Et une fois qu’il le prend, va se poser la question de savoir ce qu’il en fait. C’est une question qu’on doit toujours se poser ! Qu’est-ce qu’on fait quand on a pris le pouvoir. Est-ce qu’on devient un héros ou  un bourreau pour son peuple ? C’est une question centrale qui traverse l’Histoire. Comment le pouvoir nous transforme ? Comment pouvons-nous transformer le pouvoir ? Et le pouvoir doit-il servir à faire le bien de la nation ? »

Professeur Amadou Koré Bah, recteur de l’Université de Sonfonia, a remercié les initiateurs de la rencontre et surtout le choix de Sonfonia pour l’abriter. Il a dit que son institution est à la disposition de toutes les initiatives de ce genre. Il a déclaré vouloir accueillir le CIRD au sein de l’université et mettre en œuvre rapidement les collaborations.

Revue des journaux

Le vendredi 9 février, le Jury du Prix littéraire Williams Sassine a proclamé les résultats du concours. Plusieurs personnalités politiques, du monde de la culture, la famille Sassine, élèves, étudiants, enseignants et d’autres invités, y ont pris part.

La presse en a fait écho.

 

Le site www.guinee7.com a titré « Première édition du prix littéraire Williams Sassine/Réhabiliter les Guinéens méritants ». Il invoque l’un des objectifs du prix : rendre hommage aux écrivains et à la littérature guinéenne à travers l’auteur de Saint Monsieur Baly. L’article précise que la cérémonie était placé sous la présidence de Monsieur Sanoussy Bantama Sow, ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, puis, aligne les témoignages des différents intervenants dont Madame Safiatou Diallo, fondatrice du CIRD, qui a rappelé les objectifs du Prix ; Lamine Capi Camara président de l’association des écrivains de Guinée, professeur Djibril Tamsir Niane, Tierno Monenembo, qui ont exprimé leur satisfaction pour l’initiative et interpellé l’Etat sur la nécessité de célébrer et d’honorer ses valeureux enfants. Enfin Justin Morel Junior qui a raconté avoir inspiré, Williams Sassine pour le titre de son roman Le Zéhéros n’est pas n’importe qui.

Parlant des résultats du concours, le quotidien reprend les précisions apportées par Présidente du Jury : contexte, critères de participation, nombre de textes reçus, pays de provenance, genre des auteurs, composition du Jury, récompenses, avant de dévoiler les noms des lauréats et les textes qui composeront le recueil prochainement publié.

L’article se termine sur la « Rencontre littéraire » organisée par le CIRD à la bibliothèque américaine de l’Université de Sonfonia, rencontre au cours de laquelle Véronique Tadjo a présenté son livre En  compagnie des hommes et Olivier Rogez le sien, L’ivresse du sergent dida.

Ci-après le lien de l’article : https://guinee7.com/2018/02/10/1ere-edition-du-prix-litteraire-williams-sassine-rehabiliter-les-guineens-meritants/

 

Dans www.guineematin.com, on titre « Littérature : Alimou Sow rafle le premier prix Williams Sassine (…) célèbre écrivain guinéen, adulé ailleurs mais pratiquement méconnu en Guinée ». Après avoir rappelé que c’est le CIRD qui en est l’initiateur, le quotidien en ligne a présenté le premier lauréat comme un « blogueur et féru des lettres ».

L’article est revenu sur la présence des « personnalités de renom » et les énumère : Djibril Tamsir Niane, Thierno Monénembo, Justin Morel Junior, Sanoussy Bantama Sow, Abdoulaye Yéro Baldé. Plus loin, www.guineematin.com a rappelé qu’avec son premier prix Alimou Sow gagne « 500 euros plus un voyage au Salon international du livre d’Abidjan en fin mai 2018 ». Puis, enchaine avec les sentiments d’un bénéficiaire : « Je suis particulièrement heureux de recevoir ce prix. Je suis d’autant plus heureux que je ne m’y attendais pas forcément. La nouvelle est intitulée Pour l’amour d’un père. Je suis parti du drame de la décharge de la Minière pour faire ma nouvelle ». Le site a conclu par les témoignages des différents intervenants, lesquels sont pleins d’anecdotes dans leur vie avec Sassine, mais aussi déplorent « le fait que la Guinée ne rend pas hommage à ses illustres fils. »

Lire le lien ci-après : http://guineematin.com/a-la-une/litterature-alimou-sow-rafle-premier-prix-williams-sassine/

 

Sur RFI (Radio France internationale), on écrit en titre « Guinée : première remise du Prix littéraire Williams Sassine ». L’article met en avant la carrière de l’homme. « Enseignant, chroniqueur au journal Le Lynx et écrivain, Williams Sassine (1944-1997) est sans doute l’un des plus grands écrivains guinéens », qui a subi l’exil, « parcouru l’Afrique de l’ouest avant de revenir dans son pays. » RFI écrit qu’ « un peu plus de 20 ans après son décès, un prix littéraire portant son nom est organisé à Conakry, signe que sa mémoire et son œuvre restent une source d’inspiration pour les jeunes auteurs ». L’article cite Alimou Sow, premier lauréat, qui a dit à sa façon qui était Williams Sassine « Sassine, comme vous pouvez le retrouver dans son œuvre, c’est quelqu’un qui n’est pas transigeant avec la réalité, il peint la réalité avec une plume acerbe, sans concession. Il a accepté de vivre une vie simple, mais libre. » Le site conclut avec les propos de la fondatrice selon lesquels «Les écrivains sont peu connus à l’intérieur de la Guinée, les écrivains comme Sassine, qui ont pourtant porté très haut, très loin, l’écriture guinéenne. Ce pays n’a pas le droit d’oublier ces gens qui font partie du patrimoine historique et culturel de ce pays. » Et la promesse d’éditer le recueil de nouvelles.

Ci-après le lien de l’article : http://www.rfi.fr/afrique/20180211-reportage-guinee-premiere-remise-prix-williams-sassine-conakry

 

Le même article est repris et publié in extenso sur le site www.africatime.com

Voir le lien : http://fr.africatime.com/articles/guinee-premiere-remise-du-prix-williams-sassine-conakry

 

www.guineeco.info titre « Alimou Sow remporte le 1er prix d’un concours international dédié à  Williams Sassine » et précise sa récompense. Le site informe que « les trois autres lauréats gagnent respectivement 400 euros, 300 euros et 200 euros. Il s’agit  des Guinéens Bala Ibrahima, Mamadou Saliou Baldé et de l’Ivoirienne Tah Rosaline Isabelle Flore ». Il a renchéri avec les propos de madame Diallo Safiatou, fondatrice du CIRD, pour qui : « Le Centre international de Recherche et de Documentation, c’est l’accès à une large documentation. C’est aussi et surtout de la recherche, une recherche qui a vocation à accueillir de personnes soucieuses de science. D’en coordonner des activités et promouvoir des résultats ». Le site n’a pas passé sous silence la satisfaction de la présidente du Jury qui a affirmé : « Nous avons travaillé dans les meilleures conditions, en toute transparence ». www.guineeco.info termine par l’anecdote du 1er lauréat : « On m’avais choisi pour être membre du jury. J’ai décliné, pour concourir. L’écriture est mon passe-temps favori. J’aime l’écriture. Je voulais tester mon niveau, comme j’avais appris que le prix était international. »

Lire le lien suivant : http://www.guineeco.info/alimou-sow-remporte-1er-prix-dun-concours-international-dedie-a-williams-sassine/

 

En ce qui concerne la presse écrite, le Satirique Le Lynx en fait son haut de page, avec un article titré : « Prix littéraire Williams Sassine : les lauréats sont connus ». L’hebdomadaire satirique indépendant traite différents sujets dans son article publié à la page 18 avec une caricature en bouquet auréolé de celui qui a initié et longtemps animé la Chronique Assassine.

 

La RTG (Radiotélévision guinéenne) et Evasion TV ont aussi couvert l’événement.

Dans le reportage de la RTG, on écrit : « Pour perpétuer le personnage de l’écrivain guinéen Williams Sassine, un Prix littéraire à sa mémoire est initié par le Centre international de Recherche et de documentation. Pour cette première édition, la Guinée est honorée en création d’écriture. Parmi les 64 postulants, trois jeunes Guinéens sont distingués et une Ivoirienne. » La RTG a rapporté le propos du premier lauréat qui parle de son texte intitulé « Pour l’amour d’un père », une histoire qui part de l’effondrement de la décharge de la minière. Et de rappeler que le Prix Sassine « est un nouvel espace de découverte des talents sur un critère de mérite et de compétitivité.  Le reportage télévisé a rappelé que le concours a duré du 29 septembre au 31 décembre 2017, et a connu la participation de six pays que sont la Côte d’Ivoire, l’Egypte, les Etats-Unis, la France, la Guinée et le Sénégal.

Lire la vidéo en cliquant sur le lien suivant : https://youtu.be/PGV85dd8Nkg

 

Sur EvasionTV, le même écho est fait sur l’événement qui, selon le reportage, marque « la fin de la première édition du Prix littéraire Williams Sassine ». Edition qui a mis en compétition « 64 auteurs dont quatre ont pu se distinguer. » EvasionTV revient, dans un entretien avec Madame la fondatrice, sur le triple objectif du Prix Sassine : « Encourager l’écriture et la lecture, faire la promotion de la littérature guinéenne et africaine, rendre un hommage à tous les écrivains à travers Williams Sassine. Parce qu’il fait partie des ceux qui ont porté plus haut et plus loin la littérature guinéenne. » Le reportage soutient que cet hommage à un « écrivain qui a marqué des générations est un début de devoir de mémoire » dans un pays où plus d’un estime que les intellectuels ne bénéficient pas de promotion. Il s’appuie sur Tierno Monenembo qui déclare : « La Guinée est un pays sans mémoire. Quels sont les grands intellectuels qui ont une rue ? Personne ! », déplore le Prix Renaudot 2008. Le reportage renchérit avec le Professeur Djibril Tamsir, déclarant qu’avec « le Prix Sassine, la flamme est désormais allumée sur les hommes de culture, des lettres, de la poésie, de la science, qui ont longtemps été oublié ». Quant à lui, lui, le Monsieur le ministre Sanoussy Bantama Sow, a invité « tous les Guinéens à se lever comme un seul homme pour soutenir la littérature et accompagner les professionnels du livre.

Pour voir le journal, cliquer sur l’URL suivant : https://youtu.be/pRTh50jONoQ

Prix littéraire Williams Sassine : Les lauréats sont connus

Le 9 février, d’éminentes personnalités du monde des Lettres et de la Culture ont pris part à la proclamation des résultats du concours Prix littéraire Williams Sassine organisé par le Centre international de Recherche et de Documentation (CIRD). Le Jury s’était réuni dans la matinée pour délibérer. Les noms des quatre lauréats ont été annoncés à l’occasion d’une grande cérémonie organisée dans un réceptif de la place et présidée par Monsieur Sanoussy Bantama Sow, ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, et parrainée par Monsieur Fadi Wazni, président du Conseil d’administration de la Société des mines de Boké (SMB).

Le Prix Williams Sassine dont l’objectif est d’encourager l’écriture, valoriser la littérature guinéenne et africaine en rendant hommage à Williams Sassine a consisté pour cette première édition à écrire une nouvelle de 10 à 20 pages en s’inspirant de la citation de l’écrivain : « On a tellement de réalités qu’on n’écrit pas avec l’imagination […] Il suffit d’ouvrir sa fenêtre, d’ouvrir sa porte, il suffit de faire 100 mètres dans la rue pour que vous voyiez des choses qui défient l’imagination. » Véronique Tadjo, auteure, Grand Prix littéraire d’Afrique noire (2005) et présidente du Jury, a indiqué que 64 candidatures ont été reçues, de plusieurs pays. Ce qui est remarquable pour une première édition, a-t-elle souligné. Les textes sont en majorité d’auteurs de la Guinée (53), de la France (5), de la Côte d’Ivoire (3) du Sénégal (1), de l’Egypte (1) et des Etats Unis (1). L’âge des auteurs varie de 15 ans à 77 ans.

Les membres du jury sont Barry Hawa Camille Camara, journaliste, Leïla Diallo, bibliothécaire au CCFG, Gahité Fofana, cinéaste et réalisateur, Olivier Rogez, journaliste à Radio France International et écrivain, Mamadou Yaya Sow, chef du département Lettres modernes à l’Université de Sonfonia, et Souleymane Diallo, administrateur général du Groupe de presse Le Lynx – La Lance. La présidente du Jury ne s’est pas tue sur le dynamisme et l’innovation qui caractérisent les textes dont la majorité des auteurs ont moins de trente-cinq ans. « Ce qui nous a frappé c’est surtout leur talent et leur courage. Quand ils s’emparent d’un sujet vous êtes sûr qu’ils vont jusqu’au bout », a-t-elle dit.

Les lauréats

Après une présélection faite par un comité de lecture, vingt textes ont été transmis au Jury le 16 janvier 2018. Après lecture, les membres du Jury se sont retrouvés le 9 février pour la délibération, à l’issue de laquelle les quatre meilleurs textes ont été tirés du lot. Et c’est Mamadou Alimou Sow, connu sous le nom de Alimou Sow qui a remporté le premier Prix, pour le texte : Pour l’amour d’un père. Ce qui lui donne droit à 500 euros et une participation à un Salon de livre africain. Bala Ibrahima, deuxième lauréat, gagne 400 euros pour son texte Panne d’inspiration. Mamadou Saliou Baldé pour : La petite albinos qui mendiait sur l’échangeur, troisième, s’octroie 300 euros. Tah Roselyne Isabelle Flore pour Une histoire alimentaire, gagne 200 euros. Cette lauréate ivoirienne est aussi la seule lauréate parmi les six candidates.

Mamadou Alimou Sow, premier lauréat, chargé de communication à la délégation de l’Union européenne : « Je ne m’attendais pas forcément à être là en tant que lauréat. Pour la petite histoire, j’étais pressenti dans le Jury, mais j’ai décliné pour concourir. Je suis donc très heureux de gagner ce prix que je dédie à la jeunesse guinéenne et à ma mère, Néné Adama Oury Sow, paix à son âme ! Je remercie le CIRD pour la lumineuse idée de créer ce prix et de célébrer Williams Sassine doublement. Après le symposium sur Sassine organisé en avril 2017, ce prix s’inscrit dans le sens d’aider les jeunes à se remettre au Livre et à la Lecture. Je félicite les autres lauréats, mais aussi les autres participants, qui n’ont pas démérité ».

Un recueil naitra

Les organisateurs du concours vont faire éditer un recueil des 10 meilleures nouvelles, soit les 4 primés ainsi que 6 autres remarqués par le Jury. Soit : Treize écrit par Jean-Jacques Pascal (Sénégal), Chemin de la Méditerranée de Siné Sitan Sidibé (Guinée), De sombres nuits d’ici et d’ailleurs de N’Guessan Yves Loise (Côte d’Ivoire), Voyage en taxi brousse Guinée de Bah Boubacar (Guinée), La peine d’une légitimité de Camara Fodé Colobane (Guinée) et Simple de Baldé Djenabou, texte envoyé des Etats Unis.

Témoignages

La famille de Williams Sassine était représentée à la cérémonie. L’écrivain qui était aussi connu par La Chronique Assassine dans le satirique Le Lynx, a été gratifié de mots agréables propres à faire oublier, un moment, les maux qu’il a tant dénoncés en Guinée et en Afrique. De Madame Safiatou Diallo, la fondatrice du CIRD, au professeur Djibril Tamsir Niane, en passant par Tierno Monenembo, Lamine Capi Camara, Sansy Kaba Diakité et Véronique Tadjo, tous ont salué la lutte de l’homme des marges. Sûr que Souleymane Yala le Gros Lynx et BML, Bah Mamadou Lamine savent bésef de Williams Sassine. En célébrant Williams Sassine et la littéraire guinéenne à travers ce prix on s’acquitte en quelque sorte d’une dette à l’égard de tous les intellectuels guinéens qui meurent dans l’anonymat. Les intervenants, unanimement, ont déploré qu’en Guinée la culture et ceux qui la font sont laissés pour compte. Ibrahima Baba Kaké, Djibril Tamsir Niane, Camara Laye, Alioune Nfantouré, etc, sont plus connus à l’étranger qu’en Guinée. Pourtant, Lamine Capi Camara pense que « L’idée selon laquelle nul n’est prophète chez soi ne se vérifie plus. On peut bien rendre hommage aux héros nationaux et les immortaliser ».

L’édition 2018 du Prix littéraire Williams Sassine a bénéficié de l’accompagnement d’AESI Afrique, d’ERAI Export, de la SMB (Société des Mines de Boké). ERAI Export a mis à la disposition du CIRD 10 bourses de recherche. La bourse s’appellera Bourse de la Sénégambie de la Recherche, en hommage au Professeur Boubacar Barry, historien et spécialiste de la Sénégambie. Le CIRD et les universités partenaires vont prochainement établir les critères de d’attribution des bénéficiaires.

 

Santé : Le diabète et les défis du diagnostic et de la prise en charge

Le 20 janvier au CIRD, le Professeur Naby Moussa Baldé, chef de service Endocrinologie CHU Donka chair de la Fédération internationale du Diabète, a animé une conférence-débat sur « Le Diabète, diagnostic et prise en charge ». Une occasion de faire la situation sur non seulement le diabète mais aussi les autres maladies non transmissibles comme le cancer, les maladies cardiaques. Dès l’entame, le professeur a indiqué que selon une étude réalisée sur les causes de décès entre 2004 et 2030, la tendance est baissière en ce qui concerne les maladies transmissibles que le VIH/SIDA, la Tuberculose, les Infections respiratoires mais aussi le Paludisme, les accidents de la circulation. Alors que la courbe est ascendante quant aux maladies non transmissibles : diabète, cancer, les malades cardiaques. Celles-ci tuent davantage dans les pays à revenu faible, de l’ordre de 60 % des décès dans ces pays à revenu faible et 30 % dans les pays à revenu élevé. Pour lui, la Guinée et la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne sont confrontés à trois défis : le diagnostic, le traitement, la qualité du traitement.

A sa création en 1996, l’unité de diabétologie de Donka est partie avec 16 sujets pour aboutir à 761 en 2002. Ce qui indique que la maladie est présente dans le pays, aussi bien chez les enfants que chez les personnes âgées. Entre 2009 et 2016, le professeur a indiqué que de 44 enfants, les services de diabétologie ont dans leurs registres 505 enfants. Avec 14,7 ans comme âge moyen, 12,9 ans l’âge au diagnostic, alors que ces enfants sont à 43 % issus des familles pauvres. Il a informé que la Guinée dispose d’un réseau de soins composé d’une dizaine de structures qui font le diagnostic et la prise en charge à Conakry et dans les régions administratives. Le professeur a insisté sur le fait que ces chiffres ne sont pas représentatifs de la réalité. Regrettant le fait que malheureusement, beaucoup d’enfants meurent du diabète sans être enregistrés, le taux de létalité du diabète chez l’enfant étant plus élevé que chez l’adulte si le diagnostic n’est pas vite établi, suivi d’une prise en charge adéquate.

Sur le plan national, le médecin informe que selon une étude intitulée Steps Survey Guinée 2009, ce sont 130 000 Guinées qui sont diabétiques, soit 5 % de la population. 74,94 % parmi eux ignoreraient qu’ils sont porteurs de la maladie, 48,31 % connus ne sont pas traités et 39,83 % traités ne sont pas équilibrés.

Par ailleurs, le conférencier annonce qu’en Guinée, les personnes âgées de 45-64 ans réunissent au moins 3 facteurs de risques : la sédentarité, l’alimentation, le poids. Selon lui, il est aussi évident que le manque d’activités physique, la cigarette, la faible alimentation sont les causes communes des maladies que sont le diabète, le cancer et l’hypertension artérielle (HTA).

Le Professeur Baldé a évoqué le diabète de grossesse, qui fait grimper le taux de mortalité maternelle.

Quant à l’hypertension artérielle, elle a les mêmes causes que le diabète et le cancer. Même qu’elle est plus répandue avec 1,1 millions de sujets, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé.

Ces défis exigent plusieurs réponses, a dit le professeur. Il faut un personnel suffisant et qualifié, des structures qui répondent aux normes, des produits de qualité. Tout cela nécessite l’implication de pouvoirs publics, de la communauté internationale. Egalement, la société civile qui peut influencer les pouvoirs publics et de la communauté internationale, également, conscientiser la population quant à la nécessité d’adopter un bon comportement nutritionnel et alimentaire. Car, insiste, le diabétologue, il y a un lien direct entre le sucre et le diabète. Il y a un lien direct entre les huiles et l’obésité. Il y a un lien direct entre le sel et les maladies cardiaques.