« Moolaadè » Ciné-débat

Moolaadè est un film de Sembène Ousmane qui traite de la problématique des mutilations génitales féminines en Afrique. Il a été projeté le 20 avril 2017 au CIRD. Le débat qui a suivi la projection a été animé par le Docteur Karamba Kaba, chef du service  chirurgie plastique à l’hôpital National Donka, à Conakry et le  Professeur  Hassane Bah, président de l’Ordre national des médecins de Guinée.

Ouvrant le débat, le Docteur Karamba Kaba, a mis l’accent sur les conséquences néfastes des mutilations génitales féminines. Il a indiqué qu’il répare par semaine en moyenne 4 jeunes filles ou femmes affectées par les mutilations génitales féminines. Généralement ses interventions chirurgicales permettent de redonner le goût à la vie à des femmes victimes  de l’excision   .

Pour sa part, le Professeur Hassane Bah a appelé à une plus grande synergie d’action pour mettre fin aux MGF en Guinée, une lutte qui passe par la sensibilisation et l’éducation car, enrayer les pesanteurs culturelles est un processus complexe.

Malgré les multiples cérémonies de dépôt du couteau de l’excision  et la pénalisation des MGF, la pratique persiste  en Guinée. Selon des statistiques de l’UNPF, la Guinée est le deuxième pays au monde le plus affecté par les MGF après la Somalie.

« TIMBUKTU » Ciné-débat

Ce film d’Abderrahmane Sissako sur la montée du djihadisme et son impact au Nord-Mali a été projeté le 6 avril 2017 au CIRD. La projection a été suivie d’un débat modéré par l’El Hadj Naye Dieng, professeur d’Histoire à l’Université de Sonfonia.

Ouvrant le débat, le modérateur a fait un aperçu sur l’histoire de la ville de Tombouctou. Selon lui, le problème Touareg remonte au partage de l’Afrique à Berlin, qui n’a pas tenu compte des identités des peuples. Les Touareg sont un peuple nomade et sont contre tout pouvoir centralisé.  Ils ont posé des conditions pour qu’ils soient associés à l’exercice du pouvoir. Leur objectif est de créer un Etat: l’AZAWAD. Ils avaient une revendication politique, mais l’idée des islamistes était tout autre : islamiser toute la région. Selon El hadj Naye Dieng n’eut été l’intervention de l’armée française pour freiner leur progression, les djihadistes auraient renversé le régime de Bamako et étendu leur influence à toute la région de l’Afrique de l’Ouest.

« Des pratiques sociales à l’école : Un exemple de recherche en éducation ». Conférence-débat

Cette a conférence s’est tenue le 19 mai 2017 au CIRD. Une rencontre au cours de laquelle le conférencier, Professeur Alfa Oumar Diallo de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Education de Guinée (ISSEG) a énoncé la problématique de l’adéquation entre les contenus des programmes enseignés et l’apprentissage des élèves avec notamment les objectifs de savoir-faire et de volonté de lier l’école et la vie. Sa recherche faite en partenariat avec l’UNESCO a été effectuée dans le cadre de l’apprentissage dans les établissements d’enseignements secondaires. L’enquête menée a porté sur 560 élèves, 20 enseignants et 25 artisans dans la préfecture de Coyah. Selon, le professeur Diallo très généralement les objectifs pédagogiques sont incompatibles avec les moyens disponibles. Certains enseignants et élèves ne font pas de discernement entre l’apprentissage par observation imitation et l’apprentissage par objectifs pédagogiques.

Préconisation :

  • Améliorer les activités
  • Former les enseignants
  • Ouvrir l’école au monde du travail
  • Concilier la théorie à la pratique
  • Tenir compte des partenaires de l’école

Intégrer les pratiques sociales

« Femmes et médias en Guinée »

Le 13 mai 2017, Asmaou Barry, journaliste et Présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC), a animé une conférence sur le thème « Femme et médias et Guinée »

La conférencière a axé son intervention sur trois principaux points :

  • les femmes dans les organes de presses,
  • le traitement de l’information,
  • la carrière des femmes journalistes dans les organes de presse.

Les difficultés d’accès à l’information, les préjugés, le poids de la tradition, le faible niveau de certaines femmes journalistes, le harcèlement, le difficile accès aux postes de responsabilité dans les organes, le foyer, sont entre autres éléments identifiés comme entravant l’ascension des femmes journalistes. La question du genre ne se pose pas que dans le milieu de la presse. « Puisque ce sont les hommes qui discriminent les femmes, qui les empêchent d’évoluer, c’est à eux de promouvoir les femmes ! ».

« L’Hypertension Artérielle: Diagnostic et prise en Charge »

Dr Thierno Sow est cardiologue à l’Hôpital National Ignace Deen, Conakry. Le 6 mai 2017, il a tenu à sensibiliser, lors d’une conférence en tant qu’invité de la semaine, sur l’Hypertension artérielle, qui provoque de nombreux paralysies et des décès.

Dr Thierno Sow, cardiologue a évoqué les manifestations cliniques, complications, le traitement et la prévention de l’hypertension artérielle. Il a, au cours du débat rappelé que cette maladie est incurable et que son traitement médicamenteux est à vie. Les femmes ménopausées et les hommes à partir de 60 ans sont les plus exposés à l’hypertension artérielle (HTA). Les organes cibles sont le cœur, les reins, le cerveau, les yeux et les vaisseaux.

Dr Thierno Sow conseille pour prévenir cette  maladie, des activités physiques régulières (30 minutes de marche au moins  3 fois  dans la semaine), ne pas consommer d’alcool, fumer du tabac, éviter le stress et consommer des fruits et légumes. Il faut aussi réduire la consommation du sel et des graisses.

«Le Développement Durable du Tourisme en Guinée ». Conférence-débat

Le 5 mai 2017, Mamadou Aliou Barry, Directeur national des aménagements (Ministère du Tourisme de l’Hôtellerie et de l’Artisanat) et Ibrahima Dakka Diallo, Consultant en tourisme, ont animé une conférence-débat sur le thème : « Le développement durable du tourisme en Guinée ». Un thème qui a permis aux conférenciers de faire l’état des du secteur en présentant les atouts et faiblesses.  Ils ont relevé que la part du tourisme dans le budget national n’atteint pas 1%. Le parc hôtelier  est faible et généralement non classé,  hôtels concentrés à plus de 70% à Conakry et environs, les sites touristiques non aménagés et balisés, la faible exploitation des recettes culinaires guinéennes et le riche potentiel artisanal  faiblement intégrés.

Comme atouts, le pays dispose d’un potentiel en tourisme balnéaire, de santé, de découverte, de tourisme culturel et de mémoire, écotourisme et sportif. Pour les conférenciers, la Guinée est qualifiée de synthèse de l’Afrique de l’ouest à cause de ses 4 régions naturelles.

Pour l’atteinte des objectifs du Développement Durable, il ressort qu’il faut modeler l’offre, fidéliser et diversifier la demande, exploiter les ressources locales, maitriser le cadre managérial de l’activité touristique, accroître les financements et investissements.

« L’état des lieux de la presse en Guinée »

A l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai de chaque année, le CIRD a organisé une table ronde sur la thématique  « L’état des lieux de la presse en Guinée ». Elle a réuni Moussa Iboune Conté, Président de l’Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (AGEPI), Bah Thierno Souleymane, Chef du Département journalisme et communication de l’Institut Universitaire des Hautes Etudes de Guinée et Dr Mamadou Dindé Diallo, Vice doyen de la Faculté des Sciences Sociales de l’Université de Kindia.

Selon Dr Dindé, l’histoire de la presse en Guinée peut remonter à la période coloniale, précisément en novembre 1925, avec l’existence du Bulletin religieux. Un journal qui informait sur la vie des religieux jusqu’en 1940. La période 1946-58 a connu connaissait déjà une presse plurielle en Guinée, avec 24 titres, sans compter le journal de Maurice Voisin, lu en Guinée à l’époque. Les Africains avaient la possibilité de créer des journaux, a ajouté le Dr Dindé. C’est ainsi que Sékou Touré a utilisé le journal Phare de Guinée pour véhiculer son message. Il a rappelé qu’au lieu des journalistes, ce sont des militants qui écrivaient, comme Mamadou Traoré qui avait pris comme sobriquet REOTRA.

A l’indépendance du pays et au nom de l’unité nationale, les autres partis se sont fondus dans le PDG, parti unique et un journal unique Liberté qui deviendra plus tard Horoya. Il a fallu quelques années pour voir des titres comme Foniké, la Ginè Ginè, Sofa, avec des lignes rédactionnelles dictées par le Bureau politique national du PDG.

Selon le conférencier, le discours de la Baule, l’élaboration de la loi fondamentale guinéenne et certaines lois organiques comme celle partant liberté de la presse ont ouvert une ère nouvelle pour le monde médiatique en Guinée. Des hommes comme Bah Mamdou, Diallo Souleymane, Alassane Diomandé se battus pour la liberté de la presse. Et des titres comme Le Lynx et d’autres sont nés. Depuis, le ciel s’est éclairci, bien que parfois ce au pris des luttes. Car, dans cette ouverture démocratique naissante, les journaux comme Le Lynx a fait des dénonciations des tares (népotisme, injustice, mal gouvernance, la dictature) des régimes son credo.

Selon Moussa Iboune Conté, si la réflexion était restreinte et pouvait conduire à la prison, maintenant le cadre juridictionnel a évolué. On ne va plus en prison. Même que l’Etat accorde une subvention de 300 milles euros par an à la presse privée. Mais il reste encore des défis : la vulgarisation des textes sur la liberté de la presse, l’application par la Guinée de la Convention de Florence.

Pour Bah Thierno Souleymane, si la liberté d’expression est garantie pour tous par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les journalistes ont besoin de sécurité. Il a évoqué le respect pour le journaliste de l’éthique et de la déontologie et rappelé le classement RSF de 2017 où la Guinée occupe le 101e rang sur 180 pays.

« Lutte contre le paludisme en Guinée: Acquis et Défis »

Conférence-débat

Le 28 avril, Dr Amadou Sadio Diallo et Dr Souleymane Diakité, tous du Programme national de lutte contre le paludisme, ont animé une conférence débat sur les acquis et défis liés à la lutte contre le Paludisme en Guinée. Le Paludisme dont le vecteur est le moustique anophèle, est devenu un des premiers problèmes de santé publique en Guinée. C’est une endémie qui touche tout le pays, mais davantage en saison pluvieuse. Le moustique se développe où il y a de l’eau. De Gaoual à Mandiana, la pluviométrie dure environ 4 mois avec une transmission saisonnière du paludisme de juin à septembre. Il y a plus de paludisme dans les zones centrales et sud que dans le nord. En moyenne 934165 cas de paludisme sont notifiés chaque année de 2006 à 2016

  • La part du paludisme dans la morbidité générale varie de 28 à 32 % de 2014 à 2016. 30 % des maladies diagnostiquées sont le paludisme.
  • Nombre de décès enregistrés dans les structures de santé sont dus au paludisme : 1066 en 2014 et 867 en 2016.

Face à ces drames, le gouvernement, les partenaires ont pris des mesures :

  • diagnostic et prise en charge,
  • la lutte contre les vecteurs du paludisme,
  • la prévention chez la femme enceinte, chez l’enfant et le nourrisson.

La lutte contre le vecteur est d’empêcher que le moustique ne pique l’homme. Généralement le moustique pique la nuit. Il faut utiliser la moustiquaire imprégnée, pulvériser la maison et gérer l’environnement par l’assainissement.

Donner le produit SP aux femmes enceintes au cours de leurs consultations prénatales ou au nourrisson. Une autre stratégie est de donner le produit ASAQ aux enfants.

Il faut de la sensibilisation, du personnel, des ressources. En dépit des moyens limités du pays, le gouvernement se bat pour maintenir et renforcer les acquis. Il s’inscrit dans la stratégie de lutte mondiale 2016-2030 (ODD).

« Bilan et perspectives des recherches dans le domaine de la Pharmacopée et de la Médecine Traditionnelle en Guinée »

Conférence-débat.

Le Professeur Aliou Baldé, Directeur du Centre de recherche de plantes médicinales de Dubréka (Guinée), a animé, le 21 avril 2017 au CIRD, une conférence-débat. Pour faire le point sur les recherches dans le domaine de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle en Guinée. Dans sa communication, il a fait l’historique  de la recherche sur les plantes médicinales en Guinée avec la création du Centre  de Sérédou  à Macenta  pendant la période coloniale. Les recherches dans ce centre ont permis, selon le conférencier, de mettre au point plusieurs médicaments contre des maladies tropicales comme le paludisme (la nivaquine extraite de la plante quinquina) et des déparasitants   intestinaux.  Le Professeur Baldé a évoqué le faible financement de la recherche dans le domaine de la pharmacopée et la médecine traditionnelle. Il a aussi déploré le fait que des tradipraticiens (herboristes et autres) mystifient leur savoir et refusent de collaborer avec des scientifiques.

Parlant du centre de Dubréka, il soulignera quelques succès enregistrés comme la mise au point du médicament contre l’hypertension artérielle (Guinex HTA) en vente dans les pharmacies et de médicaments contre le diabète.

Pour finir, il a lancé un appel pour un partenariat fécond entre tenants de la médecine moderne et ceux de la médecine traditionnelle.

Focus sur Williams Sassine

Le 15 avril 2017, le CIRD a organisé la journée Focus sur Williams Sassine, célèbre écrivain, journaliste et enseignant. L’objectif était de revisiter sa vie et son œuvre.

Les journalistes Souleymane Diallo, Bah Mamadou Lamine et Thierno Saîdou Diakité du groupe de presse Lynx-Lance ont témoigné sur le parcours journalistique de Williams Sassine. Dans le journal satirique le Lynx, Sassine animait la rubrique intitulée La Chronique Assasine.

Il est l’auteur de plusieurs romans dont : l’Afrique en morceaux, Mémoire d’une  peau, Le Zéhéros  n’est pas n’importe  qui,  Le jeune Homme de sable, Saint Monsieur Baly.

La journée a connu l’exposition de quelques œuvres de l’écrivain. Aussi, le théâtre national de Guinée a interprété sur scène Légende d’une vérité, œuvre de Sassine. Il y a eu ensuite la déclamation de poèmes par des étudiants de l’Université de Sonfonia.

Monsieur Mamadou Yaya Sow, chef de département Lettres modernes à l’Université de Sonfonia a exposé sur le thème : « Sassine, un écrivain au service des sans voix ».

Le conférencier a axé son travail sur les éléments suivants :

Sassine, l’homme de l’exil ; Sassine, l’homme qui rêve du bonheur pour les marginaux ; La critique des intellectuels et du pouvoir ; La satire de la dictature ; La poétique de Sassine ; Le bestiaire au service de la satire politique ; L’écriture du métissage.

Monsieur Sow de conclure : « Williams Sassine fait partie des écrivains les plus engagés du continent africain. Toutes les thématiques  développées mettent l’accent sur les problèmes auxquels l’Afrique contemporaine est confrontée : misère, corruption, dictature, trahison des intellectuels… mais également aspiration à la liberté, révolte qui gronde en chacun des hommes ayant pris conscience de la nécessité de bousculer les habitudes pour l’éclosion d’une société heureuse et juste. Sassine c’est aussi le refus de l’aliénation ! »