Mines et développement durable

« La Guinée est un pays à très vieille tradition minière. Les mines ont jadis participé à la construction de la réputation richissime de nos rois et de nos royaumes. Ensuite elles ont donné espoir et ont  fait même rêver les populations avant de les plonger dans le doute, le pessimisme, l’angoisse et les conflits. De nos jours, le secteur minier s’est retrouvé au cœur d’enjeux géostratégiques dans un monde marqué par les crises économiques et géopolitiques. Avec ce statut l’industrie minière s’est trouvée face à de nouvelles responsabilités en matière de développement durable notamment sur les plans : sociaux, environnementaux, ceux des droits envers les communautés locales. » C’est ainsi qu’a introduit Aboubacar Akoumba Diallo, journaliste spécialiste des questions minières et directeur général du Cabinet MINERAL MERIT SARL. C’était à l’occasion d’une conférence qu’il a prononcée le 30 juin au CIRD, sur le thème : « Politique minière et développement durable ».

Selon Akoumba Diallo, les ressources minières de la Guinée sont celles qui sont connues et dont les réserves sont estimées (Bauxite, Or, Diamant, Fer…) et celles dont on a des indices mais qui n’ont pas fait l’objet d’étude et d’exploration (Uranium, Nickel, Chrome, Cobalt, Cuivre – Plomb – Zinc, Calcaire, Hydrocarbures…) Puis, leur localisation sur le territoire.

Quant au régime juridique et fiscal, le conférencier parle de la politique minière, les codes miniers de 1995 et celui de 2013, le processus de Kimberley ainsi que l’initiative de transparence dans les industries extractives, ITIE.

Après avoir expliqué que « la Politique minière couvre l’ensemble des objectifs et préoccupations du Gouvernement en matière de recherches géologiques et minières et de mise en valeur des ressources minières pour assurer une contribution optimale du secteur minier à l’essor de l’économie nationale », le conférencier a rappelé le rôle de veille de l’ITIE, les avantages qu’offre le code minier à la Guinée mais aussi aux opérateurs miniers, l’importance du processus de Kimberley dans la certification des diamants. Il a rappelé que le Code minier « définit les droits et obligations des parties relatifs aux conditions techniques, juridiques, économiques, financières, fiscales, sociales et environnementales applicables à la recherche et à l’exploitation des gisements. »

Quant à l’ITIE, la Guinée y a adhéré en avril 2005. La structure a pour but « d’assurer la transparence des paiements et des revenus générés par les industries extractives ; de rendre cette information accessible à la société civile et au grand public ; de favoriser ainsi le bon usage de la richesse afin qu’elle soit un moteur de la croissance économique et contribue au développement durable et à la réduction de la pauvreté ».

Exploitation minière, environnement et développement communautaire

Dans les conditions normales, les sociétés minières contribuent au développement local. Des initiatives ont été prises dans ce sens notamment les conseils préfectoraux de développement chargés de gérer les contributions, la synergie sociétés minières, la responsabilité sociétale des entreprises et la protection de l’environnement, la systématisation des études d’impact environnemental dans tous les projets et sociétés minières, la création du Fonds de protection de l’environnement, la restauration systématique des sites après exploitation, mais aussi la prise en compte des décisions des conférences de Rio (en 1992) et de Copenhague (en 1995) sur la protection de l’environnement et le développement durable.

Simandou comme une arène

Le conférencier a souligné les difficultés qu’a la Guinée à profiter de ses ressources du sol et du sous-sol. Notamment le fait que la Guinée n’a pas pour faire ses propres études et explorations de ses ressources, donc se contente des résultats des études menées par les opérateurs lesquels ne reflètent que 80 % de la réalité. A cela s’ajoute le manque d’infrastructures de base qui augmente le coût de l’investissement, le climat des affaires peut favorables.

Par ailleurs, il a évoqué Simandou qu’il considère comme une arène où des individus, des pays, des institutions se livrent sempiternel. De sorte que Simandou est aujourd’hui une zone stratégique qui pèse dans la géopolitique mondiale.

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