Analyse et gestion des conflits : Les méthodes à suivre

Le 13 janvier, la conférence-débat sur l’analyse et la gestion des conflits s’est tenue au CIRD. La rencontre a mobilisé une trentaine de participation pendant environ 3 heures.

Le conférencier, M. Cheick Ramadan Camara, professeur de Lettres et de Sociologie à l’université Kofi Annan (Conakry), a défini le conflit comme le règlement des différends par la violence ou la force. C’est une lutte exprimée entre deux groupes ou plus, indépendants pour une différence de perceptions, de besoins non satisfaits ou de but incompatibles.

Selon lui, les conflits sont de plusieurs natures :

Les conflits de données ou d’informations provenant de l’absence ou de la mauvaise interprétation de l’information ;

Les conflits relationnels provoqués par les émotions fortes, les stéréotypes et le comportement négatif répété ;

Les conflits de valeurs provoqués par les différences idéologiques ou critères d’évaluation d’idées ou de comportement ;

Les conflits structurels qui trouvent leur origine dans la distribution inégale des pouvoirs et des ressources ;

Les conflits d’intérêts, expression de compétition réelle ou imaginaire autour d’intérêt, de distribution des richesses…

En termes de fonction, le conférencier a indiqué que le conflit peut aider à établir l’identité et l’indépendance des parties prenantes. Ce qui lui donne des valeurs humaines ou sociales.

Le conférencier est revenu sur les causes qui ont conduit les chercheurs à trouver plusieurs théories dont : la théorie des principes négociés ; la théorie des besoins humains ; la théorie identitaire ; la théorie de communication interculturelle inadéquate ; la théorie de la transformation des conflits.

Pour monsieur Camara, les conséquences des conflits sont énormes et de deux ordres : négatives et positives.

Parmi les conséquences négatives dans les conflits inter communautaires, elles se ressentent sur le plan social avec la division, la méfiance et la haine ; sur le plan politique avec le désintéressement des populations pour les objectifs de développement et la désobéissance civique ; sur le plan culturel avec la dégradation des mœurs et sur le plan économique avec la régression dans le développement et l’accentuation de la pauvreté. Quant aux conflits inter étatiques, ils ont pour conséquences la désertion des zones, les pertes en vies humaines, l’insécurité, l’anxiété, l’introduction frauduleuse d’arme à feu…

 

L’aspect positif du conflit s’explique entre autres par le rééquilibrage des forces en présence et l’apparition de nouvelles forces, le brassage des populations issues des régions et des cultures différentes, la mise place des programmes de développement et de relance des activités socioéconomique

Après avoir expliqué le cycle, M. Camara a donné les techniques de résolution des conflits. Il y a la résolution par la coopération, la négociation, la médiation par l’assistance d’une tierce partie, la facilitation du dialogue, l’arbitrage. La résolution elle-même consiste dans le choix d’une solution à un affrontement et à sa mise en œuvre. La résolution a soit une dimension contributive, intégrative ou contributive, a indiqué le conférencier.

Des questions et des contributions ont enrichi les débats, notamment le cas de la Guinée avec tous les problèmes que connait le pays depuis l’indépendance avec le Camp Boiro et autres violences électorales.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *